Sophia : Arm va passer sous le giron Nvidia sous fond de challenge IA

Envisagée au début du mois d'août, le méga rachat par Nvidia du britannique Arm auprès du japonais Softbank a été officialisé hier pour 40 milliards de dollars. Pour le champion américain des cartes graphiques, l'objectif est de créer "la première compagnie informatique mondiale pour l'âge de l'IA". Un challenge qui intéresse Sophia où Arm a fait grandir depuis 2000 un centre de R&D qui compte aujourd'hui plus de 300 ingénieurs.

Arm et Nvidia

Le retour de Nvidia dans la technopole aura bien lieu : SoftBank Group a choisi de vendre sa filiale britannique Arm pour 40 milliards de dollars. Le groupe japonais en manque de liquidités a annoncé hier cette cession du géant mondial des microprocesseurs à l'américain Nvidia, champion des cartes graphiques. C'est début août que cette perspective s'était dessinée alors que Nvidia venait de se positionner comme un candidat sérieux à ce rachat.

Nvidia revient à Sophia à travers Arm et l'IA

Ironie de l'histoire, Nvidia avait déjà posé un pied dans la technopole en juin 2011 à travers le rachat de la start-up britannique Icera ,alors positionnée comme l'un des leaders des modems pour la téléphonie. La société américaine avait aussi inauguré début 2012 un centre de recherche à Sophia avec une centaine de salariés, contribuant au renforcement d'un pôle d'excellence azuréen sur les mobiles.

Mais, changement de marché et de stratégie : faute d'avoir pu alors percer dans les puces pour smartphones (ce qu'a magnifiquement réussi de son côté ARM), Nvidia avait renoncé à la branche de téléphonie mobile et avait fermé le site azuréen en octobre 2015, licenciant les 140 salariés. Si aujourd'hui bien engagé, ce retour se confirme avec le rachat définitif d'Arm qui doit être finalisé d'ici mars 2022, le challenge ne sera plus celui de la téléphonie mobile mais celui de l'Intelligence artificielle.

En annonçant hier sur son site sa décision, Nvidia le dit clairement : l'objectif est de créer la première compagnie informatique mondiale pour l'âge de l'IA. "Dans les années qui viennent", écrit Jensen Huang, le patron du groupe américain, des milliards d'ordinateurs fonctionnant avec l'IA vont créer un Internet des Objets qui sera des milliers de fois plus vaste que celui de l'Internet d'aujourd'hui. Notre association va créer une société fabuleusement positionnée pour l'âge de l'IA". Et d'annoncer cibler le cloud, les smartphones, les PCs, les véhicules autonomes et la robotique…

Un centre mondial de recherche sur l'IA implanté à Cambridge

Jensen Huang note aussi que le siège d'Arm restera à Cambridge où il est prévu d'implanter un centre mondial de recherche dans l'intelligence artificielle pour des développements dans les domaines notamment de la santé, des sciences de la vie, de la robotique des véhicules autonomes, tandis que Nvidia construira un super ordinateur autour de l’IA représentant l'état de l’art en la matière.

Cette méga-acquisition, qui permet à Softbank de réaliser une confortable plus-value (elle avait acheté Arm pour 31 milliards de dollars en 2016)  doit encore être approuvée par des autorités réglementaires du monde entier, a-t-il été précisé. Le champion des cartes graphiques paiera plus de la moitié (21,5 milliards de dollars) avec ses propres actions (Softbank restant actionnaire de Nvidia en dessous de 10%) et 12 milliards de dollars en cash. Le reste sera payable soit en actions, soit en cash en fonction de "l'atteinte par Arm d'objectifs spécifiques de performance financière".

Arm Sophia : un centre de R&D avec plus de 300 ingénieurs

Arrivée à Sophia en 2000 avec le rachat d'EuroMIPS, l'ex société britannique y a fortement développé son centre de R&D installé en face du Business Pôle. Le site regroupe aujourd'hui plus de 300 ingénieurs tandis que le groupe britannique a engagé à Sophia un projet de campus nouvelle génération sur près de 6.000 m2, qui pourra accueillir jusqu'à 400 personnes.

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