Sophia : comment Wildmoka compte devenir un grand de l'hyper-diffusion vidéo

Avec son rachat par Backlight, une nouvelle plateforme spécialisée dans la production de contenus vidéos et leur hyper-distribution, Wildmoka, la Digital Media Factory née à Sophia Antipolis, s'est engagée dans une nouvelle étape. Cristian Livadiotti, co-fondateur et CEO, présente un rachat qui s'apparente plus à une levée de fonds et en donne les modalités et tous les enjeux.

Wildmoka digital factory

C'est une levée de fonds d'un genre particulier que vient de réussir Wildmoka, une des success stories sophipolitaines spécialisée dans l'hyper distribution vidéo au service des médias. Le fonds de croissance américain PSG l'a rachetée mi-avril en même temps que 4 autres startup innovantes complémentaires (ftrack, iconik, Celtx et Zype) pour créer la société Backlight et couvrir ainsi toute la chaîne de production vidéo, du "script" au "screen". Fondateurs de Wildmoka, Cristian Livadiotti et Thomas Menguy sont restés actionnaires de Backlight et s'engagent ainsi dans une nouvelle étape particulièrement stimulante. Explications de Cristian Livadiotti, CEO. (Photo DR : Wildmoka, la digital Factory).

Pourquoi le choix de cette formule ?

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Cristian Livadiotti Wildmoka
Photo DR : Cristian Livadiotti

Cristian Livadiotti : "On imagine souvent qu'un rachat représente la fin d'une histoire, en particulier pour les fondateurs ou les dirigeants de la société. Dans le cas de PSG c'est différent. Il s'agit d'un fond de croissance un peu particulier qui a l'habitude de construire des plateformes comme Backlight. Ce que fait PSG est de trouver un marché intéressant avec une forte croissance potentielle, de bien l'analyser et de rechercher des sociétés innovantes qui adressent déjà ce marché afin de construire un acteur d'une taille critique suffisante et d'adresser ce marché avec plus d'innovation et d'expertise."

"Si Backlight a effectivement racheté 100% de Wildmoka contrairement à un rachat traditionnel nous avons touché une partie seulement en cash, le reste a été transformée en actions de Backlight. En tant que fondateur et dirigeant, nous restons ainsi actionnaires de la nouvelle société plateforme. PSG est ainsi actionnaire majoritaire de Backlight. C'est lui qui a injecté les fonds nécessaires pour construire cette plateforme. Mais ensuite les dirigeants des cinq sociétés rachetées dont la notre, restent actionnaires. C'est d'ailleurs une condition sine qua non du contrat. PSG n'aurait pas été intéressé par l'acquisition de Wildmoka si Thomas et moi nous avions voulu vendre la totalité de nos actions. Ils ont besoin de nous pour continuer à développer la société dans le futur."

Qu'est ce que l'opération va apporter à Wildmoka ?

Cristian Livadiotti : "Au moment du rachat, Wildmoka rcompte une soixantaine de personnes dont une cinquantaine, la majorité, effectivement à Sophia. Notre siège se trouve dans la technopole avec les équipes R&D, le management et le marketing. A côté de cela, nous disposons de bureaux autour du monde. Nous sommes présents maintenant en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe avec Londres où opèrent 3 collaborateurs. Nous avons ouvert des bureaux de représentation également en Allemagne, en Espagne, dans les dans les pays nordiques et nous venons d'installer une antenne à Singapour pour développer l'Asie du sud-est."

"Ce que nous apporte ce rachat ? Il s'apparente à une levée de fonds. A savoir, il nous donne la possibilité d'une accélération de la croissance. Elle va passer par plus de recrutements. Une quinzaine de recrutements sont prévus pour 2022, une année spéciale en raison de la conjoncture marquée par des difficultés d'approvisionnements et des incertitudes liées à la à la guerre en Ukraine. Nous avons donc travaillé sur un budget prudent."

"Ceci dit nous avons beaucoup d'ambitions dans la création de valeur avec un développement international plus poussé en Amérique latine et en Asie. Nous sommes actuellement juste en démarrage."

Comment allez-vous fonctionner au sein de Backlight ?

Cristian Livadiotti : "La plateforme va prendre en en en compte un certain nombre de fonctions transverses qui, traditionnellement, ne sont pas très bien staffées dans les start-up. C’est-à-dire, typiquement, la direction financière, la gestion des talents avec fonctions RH et tout ce qui est plateforme infrastructures-sécurité, ce qui devient un enjeu majeur dans le cloud aujourd'hui et en particulier pour nos clients qui sont des médias. Backlight interviendra comme une holding qui va assurer aux cinq sociétés rachetées un certain nombre de fonctions transversales (finances, RH, plateforme infrastructures sécurité) et va laisser chacune des Business Units (Wildmoka en est une), continuer sur sa trajectoire de croissance."

"A l'origine, en 2020, nous avions eu l'intention de procéder à une levée de fonds, projet qui avait été décalé en raison de la crise sanitaire. Durant toute l'année 2021, nous y avons travaillé et étudié aussi plusieurs approches. Le projet de Backlight, soutenu par PSG, a eu notre préférence. Le fonds de croissance américain s'était intéressé au workflow de création-distribution de vidéos. Il voulait couvrir toute la chaîne, du "script" au "screen", de la création à l'écran. Ce workflow est en train d'évoluer de façon assez forte vers le cloud et le digital. PSG a ainsi sélectionné cinq sociétés innovantes et visionnaires du secteur médias qui viennent couvrir chaque étape du cycle de vie des contenus média et vidéo et a décidé d'accompagner la croissance en les regroupant au sein d'une même entité."

"Wildmoka compte ainsi aller plus vite et plus loin dans ce qu'elle a déjà réalisé pour répondre aux besoins de ses clients. Les enjeux portent notamment sur la partie "live" de la diffusion, sur l'automatisation et l'intelligence artificielle. PSG recherchait des start-up qui ont déjà une place sur ce marché de niche, mais en forte croissance. Des start-up qui ont connu une croissance assez importante dans les années précédentes (entre 30 et 50%), mais cela avec un "cash burn" raisonnable. Ce qui est notre cas depuis 2016. Leur but, c'est de ne pas perturber cette croissance mais de nous apporter ce qui nous manquerait éventuellement pour passer de la boite de 50 personnes que nous représentons aujourd'hui à une boîte de 200 personnes."

Quelles sont aujourd'hui les perspectives de Wildmoka ?

Cristian Livadiotti : "La société n'a pas changé de nature. Nous avons tout juste changé d'actionnaires. Wildmoka reste une société française avec un siège à Sophia Antipolis. De la même façon, la mission de la société ne change pas en dehors des évolutions que nous voudrions amener pour conquérir des marchés adjacents. Nous visons notamment le marché de l'entreprise où la production de vidéos devient de plus en plus importante que ce soit pour des enjeux internes ou externes (communication interne, support RH, trading…).

D'autres sociétés de Backlight sont aujourd'hui plus présentes que nous sur ce marché de l'entreprise parce que nous avions décidé depuis le début de nous focaliser sur un marché de niche : le premium Media news et sports. Jusqu'à aujourd'hui nous nous sommes positionnés comme une Digital Media Factory, c'est à dire une plateforme cloud qui permet à ses clients de créer et d'hyper distribuer tous les formats vidéo qui leur sont nécessaires pour couvrir des événements en live. Les synergies que nous pourrons développer avec certaines sociétés de Backlight nous amèneront aussi tout naturellement vers d'autres marchés adjacents et de nouvelles créations de valeurs."

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