Sophia expérimente l'énergie du futur

Posté mar 08/07/2003 - 00:00
Par admin

Installée au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) dans le cadre d'une expérimentation menée par Gaz de France, une pile à combustible de troisième génération fonctionnant au gaz naturel sera testée pendant deux ans pour le chauffage et la production d'électricité. Son implantation vient crédibiliser la création d'un "cluster énergie".

Sophia Antipolis se trouve désormais en pointe dans le domaine des énergies nouvelles. L'inauguration fin juin d'une pile à combustible installée dans les locaux du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) a donné le coup d'envoi d'une expérimentation menée sur une pile à combustible de troisième génération fonctionnant au gaz naturel. C'est la première expérimentation de ce type en PACA. Elle est réalisée dans le cadre d'une opération menée par Gaz de France et l’américain Hpower. Ces deux partenaires collaborent depuis quelques années pour la recherche et le développement de piles à combustible de type PEMFC fonctionnant au gaz naturel.La cinquième pile Un prototype de première génération de 4,5 kWe a ainsi été testé sur le centre de recherche de Gaz de France, à Saint Denis, de janvier à juillet 2001. Un prototype de seconde génération est depuis le début 2002 en cours de test dans le pavillon expérimental de Saint-Denis. Ces expérimentations ont été complétées par l’implantation pour la première fois en France de cinq prototypes de piles à combustibles de troisième génération en milieu urbain. Deux ont été installées à Dunkerque à la fin 2002. Une troisième est en fonctionnement à Nancy depuis février 2003 et une quatrième a été ouverte dans l'agglomération de Limoges en avril. La cinquième se trouve donc désormais à Sophia Antipolis.Chauffage et électricitéCes piles à combustible qui ont la taille d'une très grosse armoire métallique, sont destinées à alimenter en électricité et en chauffage des petits bâtiments tertiaires tels que des locaux communaux, des locaux informatiques ou des bureaux. Cette fourniture d’énergie est réalisée parallèlement aux systèmes déjà existants. Pour cette expérimentation, qui est prévue pour une durée de deux ans, il n’y a donc pas une alimentation unique des bâtiments par l’intermédiaire des piles. Au-delà des expérimentations en laboratoire, cette opération doit permettre de recueillir un ensemble de données sur le fonctionnement en situation réelle de ces prototypes. Il s'agit là d'une étape essentielle pour pouvoir équiper ensuite les maisons individuelles d’ici 2004 à 2006 avec des piles de puissance inférieure. Le budget total de l’opération est de 2,4 millions d’euros comprenant outre l’achat des cinq prototypes, les travaux d’installation sur les sites ainsi que les frais de recherche et développement.A Sophia Antipolis ainsi pendant deux ans, le CSTB et l'Ecole des Mines de Paris vont pouvoir mesurer le rendement de la pile à combustible aussi bien en terme de chauffage que de production d'électricité et tester l'utilisation (qualité du courant, disponibilité de la pile, rendement, etc). La pile alimentera notamment la salle informatique du CSTB et il sera par exemple intéressant de savoir si est possible dans ce cas de se passer des onduleurs.Monter un "cluster énergie"La technologie pile à combustible est encore en phase de développement. Les coûts du produit, de sa maintenance et de son exploitation sont encore trop élevés pour autoriser une large diffusion sur le marché. C’est pour cela que Gaz de France n’a pas d’offre commerciale en matière de piles à combustible. Cependant, le groupe travaille activement pour favoriser l’émergence de ce mode de production d’énergie d’ici à 5 ans. La technopole sera un des maillons essentiels de l'expérimentation. L'implantation de la pile à combustible a d'autre part fait naître la possibilité de créer un cluster énergie sur Sophia. L'idée bouillonne entre l'Ecole des Mines de Paris, l'Ademe et le Ceram. Il s'agirait de coupler le domaine de l'énergie avec celui des NTIC dans la perspective d'ouvrir sur une énergie durable et intelligente. Comme la décentralisation de l'énergie nécessitera également une importante partie logicielle, Sophia pourrait se positionner sur ce créneau d'avenir. L'expérimentation de la pile à combustible ajoutée au travail qui se fait sur l'énergie à l'Ademe et dans les laboratoires d’ARMINES/Ecoles des Mines de Paris vient crédibiliser ce projet.

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