Sophia inaugure sa Maison de l'Intelligence Artificielle

Dans l'ancien centre de calcul intensif du CNRS, la MIA, première initiative européenne du genre, regroupe sur 700 m2 un showroom dédié à plusieurs parcours thématiques, une training room pour colloques, formations et séminaires, ainsi qu'un "Lab IA", espace de co-working qui permettra à des startups de travailler sur des projets communs. Un creuset pour l'écosystème IA de la technopole.

Inauguration Maison Intelligence Artificielle

Promesse tenue : la première "pierre" (plutôt le début du chantier) avait été posée fin novembre et mardi 10 mars la Maison de l'Intelligence Artificielle (MIA) à Sophia Antipolis a pu être inaugurée comme annoncé. Une inauguration en présence de deux à trois cents personnes, qui n'aurait pu avoir lieu maintenant alors qu'est tombé le couperet d'une interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes. L'occasion de découvrir un lieu entièrement transformé (le département a investi 150.000 euros dans les travaux et 350.000 euros dans du matériel) et prêt pour accueillir ses premières événements. (Photo DR : l'écosystème sophipolitain de l'IA réuni pour l'inauguration) 

Des moyens mutualisés pour encourager l'innovation à partir de l'IA

Pour rappel la MIA créée par le Département des Alpes-Maritimes a été accueillie dans le bâtiment du CNRS au 1361 route des Lucioles. Elle y occupe environ 700 m2 dans le "bunker" (partie pour l'essentiel enterrée) où se trouvait le centre de calcul intensif du CNRS. Son objectif ? Charles-Ange Ginesy, président du Département et de la S2MIA (Syndicat Mixte de la Maison de l'IA) l'a résumé dans son discours d'inauguration : offrir un espace d'acculturation, de transport d'idées, mais aussi "de coopération, doté de moyens mutualisés pour encourager l'innovation".

C'est une des "briques" de l'écosystème que la technopole est en train de monter autour de l'IA avec UCA (Université Côte d'Azur), le 3IA (Institut Interdisciplinaire d'Intelligence Artificielle) et ses partenaires industriels, l'Inria et autres. Au-delà de l'ambition de rassembler les forces du territoire, la MIA se présente comme "une initiative nationale en infusant l’IA sur notre territoire pour nous conduire demain à une véritable Cité de l’Intelligence Artificielle".

L'ambition d'un hub international de l'IA

Président de la CASA (Communauté Antibes Sophia Antipolis) Jean Leonetti va même plus loin. "L’ambition de Sophia Antipolis est de devenir un Hub international de l’Intelligence Artificielle, phare européen de l’évolution digitale et numérique, et de continuer à attirer les meilleurs talents mondiaux, ce qui participe au renforcement de l’attractivité de la France", estime-t-il.

Ancien Pdg d'Apple monde et président du comité d'expert du SMART Deal départemental qui a jeté les bases de la MIA, Marco Landi souligne qu'il s'agit de la première maison de ce type en Europe. "Il s’agit d’un lieu de "SMART Education" ayant vocation à préparer et former la population pour lui permettre de comprendre les challenges qui nous attendent, d’appréhender les possibilités nouvelles offertes par l’IA grâce à une information tant vulgarisée qu'éthique et experte, diffusée au travers d’un showroom. Elle nous offrira aussi l’opportunité de développer des projets innovants et collaboratifs en rassemblant les forces vives et l'écosystème IA du territoire en un même lieu, favorisant une synergie telle que celle que nous avons découverte lors d’un voyage d’études au Canada, pays leader en matière d’IA."

Concrètement, l'ensemble s’articule en trois zones sur une surface de près de 700 m² : un showroom de 300 m² dédié à plusieurs parcours thématiques ; une training room qui hébergera des colloques, des formations et des séminaires, et enfin un espace de co-working, "Lab IA", qui permettra aux startup, aux entreprises, à la recherche et aux collectivités de s’unir pour travailler sur des projets communs. C'est cet ensemble qui, désormais, est prêt à accueillir et à s'inscrire dans la révolution de l'IA.

Les premières "démos" présentées dans la Maison de l'IA

Témoignage des compétences et des avancées de l'Intelligence artificielle dans la technopole, une bonne vingtaine de démonstrations étaient présentées. On y trouvait à la fois des projets développés par des startups locales, par des grands groupes azuréens ou encore par des centres de recherche du territoire. Un bonne vue de la qualité de l'écosystème sophipolitain et des applications multiples de l'IA.

La société SpooN et son PDG, Jérôme Monceaux pour la présentation de Spoony, qui sera chargé d'accueillir les visiteurs de la MIA.

L’association Tetris qui accompagne le Département dans une expérimentation IA basée sur un réseau de neurone open source (comptage automatique de véhicule dans le cas d'une analyse de trafic).

Les sociétés DataMoove avec Frédéric Bossard, Global manager de DataMoove, expert du SMART Deal, qui présentera l’application MIA.

La société ESI avec son PDG Claude-Philippe Neri, son Directeur général Philippe Camilleri, et son manager produit Philippe Piecoup, pour la présentation de son démonstrateur de vidéo surveillance.

La société Kinaxia avec Rémy-Philippe Mazzella, Directeur de CityScan pour la présentation de son démonstrateur Cityscan qui est un service en ligne de géodécision immobilière capable d'évaluer à 360 degrés n'importe quelle adresse en France métropolitaine grâce à plus de 70 indicateurs facilement compréhensibles.

La société Videtics avec Alan Ferbach, co-fondateur et Directeur pour la présentation d'un système de vidéosurveillance avec anonymisation en temps réel sur vidéo.

B2Bot de François Badaud, société actuellement incubé par l'Incubateur PACA Est et qui permet aux malvoyants de lire le monde environnant à travers un système d’audiodescription en temps réel qui convertit les images en mots, pour les lit directement à la personne.

La société Per Conseil avec Pierre-Emmanuel Roque, son président pour la démonstration de son agent virtuel Sophia capable de renseigner sur le Département des Alpes-Maritimes.

La société IBM Nice avec Jean-Michel Corrieu, Directeur du Business Solution Center, et Bernard Pucci, SeniorSolutionArchitect et trois de leurs ingénieurs pour présenter :

  • TJBot Robot : Comment développer des applications d'IA simples à partir de modules disponibles sur le Cloud IBM : robot de détection et reconnaissance d’objets, de visage, d’émotions…

  • Elderly Care : comment l'IA analyse les comportements des personnes sensibles (âgées/hospitalisation/...) afin de détecter des comportements anormaux qui nécessitent une attention particulière.

  • Seamless fashion : comment l'IA s'intègre dans le processus de vente pour aider le client dans ses choix (publicité personnalisée, préparation de cabine d’essayage avec articles présélectionnés, suggestion d’autres articles, recherche visuelle, traitement du langage naturel).

La société Orange avec Laurent Londeix, Délégué régional Orange et expert du SMART Deal, et Franck Lavagna, Directeur des collectivités locales Orange et expert du SMART Deal, pour la présentation de moteur de recherche contextuel dans les vidéos.

La société Amadeus avec Nicolas Hauviller, ingénieur d'Amadeus pour la présentation de solutions d'IA pour la maison et la vie quotidienne.

La société Inno3Med avec Carla Rossini, Responsable Développement pour la présentation de leur robot émotionnel d’assistance thérapeutique avec reconnaissance de langage naturel, qui vise à offrir aux professionnels de santé un outil simple d’utilisation permettant de véhiculer les bénéfices de la thérapie animalière.

Les chercheurs d'Université Côte d'Azur (UCA) :

  • Frédéric Précioso, Responsable IA à l'Agence Nationale de Recherche (ANR), pour la démonstration d'un circuit de voiture autonome.

  • Charles Bouveyron, Directeur Scientifique du 3IA Côte d'Azur et Maureen Clerc, Directeur d'INRIA Sophia Antipolis, pour présenter l'utilisation de l'IA dans la prévention de la dyspnée et pour la solution de reconnaissance du mouvement oculaire pour les personnes handicapées.

Étiquettes
Dossiers

Ajouter un commentaire