Sophia : la chute d'All Telecom

Posté ven 25/02/2005 - 00:00
Par admin

Premier opérateur WiFi de PACA, la société fondée en 2000 par Ségolène Chambrier et installée dans la technopole en 2002 a été mise en liquidation fin janvier. Un groupe de 13 salariés a pu cependant reprendre les activités sur la France et assurer la continuité de service.

Un méchant dérapage en ce début d'année pour la société sophipolitaine All Telecom qui s'est trouvée en cessation de paiement dans le courant du mois dernier et a été mise en liquidation le 31 janvier par le tribunal de commerce de Grasse. L'opérateur télécom et spécialiste de hot spots WiFi a cependant survécu en tant que marque : en ce début de semaine le Tribunal de commerce a accepté l'offre de reprise présentée par 13 de ses salariés regroupés au sein d'une nouvelle société, "All Investors" (tous investisseurs).Un nouveau tour de table manquéAll Telecom (35 salariés) est un opérateur alternatif qui avait été créé à Bruxelles en janvier 2000 par Ségolène Chambrier et qui avait installé son siège social à Sophia Antipolis, en 2002. Les difficultés qu'il a connues sont dues à l'échec de la nouvelle levée de fonds qui était en cours. All Telecom bénéficiait pourtant d'investisseurs sérieux : au début 2004 la société avait levé 4,2 millions d'euros pour appuyer son offensive sur le terrain des hot spots WiFi, auprès d'Intel Capital et de la Société Générale Asset Management (voir l'article de SN.com "HotSpots : All Telecom lève 4,2 millions d'euros pour devenir leader"). Des investisseurs qui auraient été découragés de renforcer leur engagement à la suite, semble-t-il, de dissentions intervenues dans l'équipe dirigeante de la société. All Telecom était devenu le premier opérateur WiFi de PACA (très implanté notamment dans le secteur du tourisme) et le troisième opérateur français WiFi, derrière Orange et Swisscom. Mais faute de "cash", il s'est trouvé en cessation de paiement. La société, qui ne pouvait retrouver un équilibre sans apports extérieurs, a été mise de suite en liquidation.La solution trouvée aujourd'hui avec la reprise par les salariés sauve une partie des emplois et assure une continuité de service (la société avait déjà bénéficié d'une période de continuation de 30 jours après la liquidation pour valoriser ses actifs). "All Investors" ne reprend cependant que les activités françaises (500 clients télécoms et 350 hot spots Wi-Fi). Les activités de Belgique et du Luxembourg (un millier de clients télécom et un millier de hot spots) ont été, elles, cédées à Dirland SA, un opérateur télécom de Saint Dizier.Christelle Tevenon, qui a piloté l'offre de reprise par les salariés des activités françaises, a présenté un business plan dans lequel les salaires (80% des charges d'All Telecom) seront équilibrés par les revenus. C'est ainsi une équipe réduite de près des deux tiers qui repart, tandis que les gros salaires ont accepté d'être diminués et que certains postes ont été transformés en mi-temps. All Investors va, d'autre part, quitter les vastes locaux qu'occupait All Telecom dans le village d'entreprise de Green Side et s'est mis à la recherche de locaux plus modestes. Mais le pire a été évité. De peu.

Jean-Pierre  Largillet

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