Stepmind sauvé par une levée de 20 millions d'euros !

Posté mar 20/01/2004 - 00:00
Par admin

Concepteur de solutions et de puces pour les communications mobiles, la société fondée au Cannet en juillet 2000 par Alain Jolivet, Pdg (photo Une) et son frère André, assure sa relance grâce à Nam Taï Electronics Inc, une société chinoise d'électronique grand public.

L'année 2004 commence bien pour Stepmind. Mieux en tout cas que ne l'avait été 2003, marquée par une sévère chute du chiffre d'affaires (5,1 millions d'euros en 2001, 4,7 millions d'euros en 2002 et seulement 0,6 million d'euros en 2003). Concepteur de solutions et de composants pour les communications mobiles, la société installée au Cannet, dont les ventes avaient connu un "trou d'air", est repartie d'un bon pied : elle vient de réussir une spectaculaire levée de fonds de 20 millions d'euros. La performance peut d'autant plus être appréciée dans le monde du capital risque que, selon l'indicateur Benchmark Group/Journal du Net, les sociétés IT n'ont levé en France en 2003, qu'un total de 220 millions d'euros.Une société de Hong Kong qui prend 25% du capitalMais en dehors de son montant, cette levée de fonds présente une autre particularité de taille : elle fait entrer sur la scène high tech française une société chinoise. L'un des deux investisseurs se nomme Nam Taï Electronics Inc., fabricants de produits de télécommunications et d'électronique grand public (elle fabrique entre autre la webcam Eye Toy des Playstation de Sony). Cette société chinoise, coté au New York Stock Exchange (NTE) et dont le siège est à Hong Kong, a pris 25% du capital de Stepmind pour un montant de 12,5 millions d'euros. Le second investisseur étant AGF Private Equity qui prend 15% du capital avec 7,5 millions d'euros.Fondée en juillet 2000 par les frères Alain et André Jolivet qui venaient de revendre Wavecom (société coté au Nasdaq), Stepmind, s'est spécialisé dans la création de puces de nouvelle génération pour les communications mobiles. Mais là où ses concurrents cherchaient à attaquer le marché de l'UMTS, la société préférait parier sur des technologies déjà présentes en optimisant les puces pour le GSM, le GPRS, l'Edge (Enhanced Data rate for GSM Evolution), le WiFi. L'idée était d'offrir aux utilisateurs de mobiles sur réseau GSM des accès aux services de type vidéo et Internet à haut débit avant la mise en service du réseau UMTS qu'Alain Jolivet n'attendait pas avant 2005-2006.Les puces les plus intégrées et les plus petites du marchéDes paris technologiques qui, aujourd'hui, se révèlent certes gagnants, mais qui ont quand même tardé à se concrétiser sur le plan commercial. Stepmind entre temps a beaucoup investi en R&D (pas loin de 40 millions d'euros en trois ans), tandis que ses équipes d'ingénieurs se sont vite étoffées. La société emploie désormais 120 personnes entre son centre de recherche et de développement du Cannet et ses implantations à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et à Caen (Calvados). En août dernier, Stepmind se signalait en mettant sur le marché un nouveau produit phare : un émetteur/récepteur GSM/GPRS/EDGE. Grâce à un fonctionnement quadri-bande GSM (GSM 850/900, DCS 1800, PCS 1900) et à l'utilisation de la technologie BiCMos, il s'agit d'une nouvelle puce qui assure un niveau inégalé d'intégration en réduisant le nombre de composants nécessaires aux appareils tout en diminuant l'encombrement.Mais en 2003, les ventes n'ont pas décollé et la chute drastique du chiffre d'affaires laissait craindre le pire. L'horizon s'est aussi bien éclairci aujourd'hui. L'entrée au capital d'une société chinoise n'étant certainement pas innocente, Stepmind peut désormais regarder du côté d'un marché asiatique d'une taille gigantesque. La société des frères Jolivet devrait en dire plus au prochain World GSM Congress de Cannes, du 23 au 26 février, où elle compte faire plusieurs annonces et présenter ses nouvelles puces mobiles multimédia. Autre objectif, maintenant que la relance est assurée : préparer une entrée en bourse à l'horizon 2006.

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