Thales Alenia Space décroche un contrat de 26 M€ pour la mission LISA
Le constructeur cannois de satellites et son partenaire Thales SESO® sont chargés de développer les six télescopes de l'observatoire spatial européen dédié à la détection des ondes gravitationnelles.
Thales Alenia Space vient de franchir une nouvelle étape dans la mission LISA (Laser Interferometer Space Antenna) de l'Agence spatiale européenne. Le constructeur cannois de satellites a signé un contrat de 26,1 M€ avec l'ESA pour la phase 1 du développement des télescopes de cet observatoire spatial hors norme. Cette annonce faite aujourd'hui mardi depuis Cannes vient consolider le rôle central du groupe français dans l'un des projets scientifiques les plus ambitieux jamais entrepris en Europe. (Photo DR).
LISA dans une mission inédite
LISA est une mission inédite : constituée d'une constellation de trois satellites formant un triangle équilatéral dans l'espace, séparés chacun de 2,5 millions de kilomètres, elle sera le premier observatoire spatial capable de détecter les ondes gravitationnelles depuis l'espace. Ces infimes distorsions de l'espace-temps, prédites par Einstein en 1916, sont aujourd'hui mesurées depuis le sol par des instruments comme LIGO aux États-Unis ou VIRGO en Europe, mais leur taille limitée et les perturbations sismiques restreignent leur portée. LISA opérera dans des gammes de fréquences très basses, totalement inaccessibles aux détecteurs terrestres, ouvrant une fenêtre nouvelle sur des phénomènes extrêmes : fusion de trous noirs supermassifs, interaction d'étoiles compactes, ou encore traces de l'univers primordial. Le lancement des trois satellites est prévu en 2035 à bord d'Ariane 6.
Un matériau vitrocéramique au coeur du défi technologique
Dans ce projet, Thales Alenia Space France assume le rôle de maître d'œuvre pour le développement des six télescopes de la charge utile optique, en association étroite avec Thales SESO®, principal fournisseur européen de miroirs ultra-légers en Zerodur®. Ce matériau vitrocéramique, extrêmement stable thermiquement, est au cœur du défi technologique : les télescopes devront mesurer les déplacements des masses d'épreuve embarquées à bord de chaque satellite avec une précision de l'ordre du picomètre, soit moins que la taille d'un atome. Thales SESO® sera responsable de l'approvisionnement, de l'usinage et du polissage des optiques et de la structure, tandis que l'assemblage, l'alignement et les essais seront conduits conjointement par les deux entités.
La contribution de TAS à la mission LISA
Ce contrat de phase 1 s'inscrit dans une contribution globale de Thales Alenia Space à la mission LISA, construite au fil de plusieurs années. Dès juin 2025, le groupe avait décroché un premier contrat auprès du maître d'œuvre OHB System AG portant sur l'avionique, le logiciel de contrôle des satellites, les télécommunications et le système de contrôle d'attitude DFACS. En janvier 2026, il s'était également vu confier le sous-système de propulsion. À ces contributions s'ajoutent, selon les sites, le développement de l'ordinateur de bord (Turin), de l'électronique de l'instrument (Suisse) ou encore du système de propulsion (Royaume-Uni). Leonardo, actionnaire à 33 % de la coentreprise, fournit pour sa part les micropropulseurs de précision nécessaires au pointage des satellites.
Instrumentation optique de haute performance
"LISA est une initiative pionnière dans les domaines de l'astrophysique et de l'exploration spatiale qui n'a encore jamais été tentée", a déclaré Filippo Marliani, chef de projet LISA à l'ESA, en saluant la réduction des risques technologiques que permettra cette première phase de développement. Bertrand Denis, Vice-Président des activités Observation, Science et Exploration chez Thales Alenia Space France, a pour sa part souligné que ce développement est "en totale adéquation avec les compétences cœur de Thales Alenia Space et Thales SESO® sur l'instrumentation optique de haute performance". Avec plus de 200 miroirs Zerodur® déjà en orbite à son actif, Thales SESO® aborde ce chantier avec un savoir-faire éprouvé, et une précision de surface de 0,2 nanomètre déjà atteinte pour le détecteur Virgo, un niveau qui sera poussé encore plus loin pour LISA.