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Aéroport : le dossier de l'extension en zone de turbulences

Alors que l'enquête publique s'est ouverte lundi, des associations de défense de l'environnement regroupées dans le Collectif citoyen 06 montent aux créneaux. Pour elles, l'extension de l'aéroport Nice Côte d'Azur, c'est d'abord plus de bruit, de pollution de l'air, de trafic automobile et d'inconfort pour les Niçois.

L'extension de l'aéroport Nice-Côte d'Azur, va-t-elle être mise dans le sac d'Europacity, ce mégacomplexe de loisirs et de commerces au nord de Paris dont l'abandon a été annoncé hier ? Le projet de porter la capacité de 14 à 18 millions de passagers en construisant une "jetée" supplémentaire pour les avions et un nouveau bâtiment terminal risque tout cas de traverser une passe difficile en ce mois de novembre. Une passe d'autant plus difficile qu'il s'agit de celle de l'enquête publique organisée dans le cadre de l'instruction de la demande de Permis de Construire (l'enquête initialement prévue du 10 octobre au 3 novembre avait été reportée sur novembre).

Les premiers bémois de l'Autorité environnementale

Elle s'est ainsi ouverte lundi 3 novembre et se prolongera jusqu'au 25 novembre. Si c'est le Préfet qui décidera le mois prochain d'accorder ou non le Permis de Construire (l'avis du commissaire enquêteur n'est que consultatif), le temps s'est cependant gâté pour le projet et la traversée du mois pourrait ne pas être de tout repos. Reflet de l'opinion publique, dans un climat européen qui vire à l'anti-aérien pour des questions environnementales, certains médias nationaux n'ont pas manqué d'associer l'extension de l'aéroport a d'autres projets controversés. Ainsi "Le Parisien" citait hier l'aéroport azuréen parmi les autres projets d'aménagement français actuellement sur le grill comme Vive Ivry Confluences, Paris Saclay, le GCO de Strasbourg…

Dans un reportage TV de BFM, une question a même été posée, ("y-a-t-il une ZAD -Zone A Défendre- à Nice ?) associant ainsi l'aéroport niçois à celui de feu Notre Dame des Landes. Deux dossiers qui n'ont évidemment rien à voir sauf qu'il s'agit d'aéroport. A Nice, les premiers bémols avaient cependant été apportés par l'Autorité environnementale. Dans son avis, rendu au début de l'été, elle avait relevé "des insuffisances significatives sur la prise en compte des thématiques gaz à effet de serre, qualité de l'air, nuisances sonores liées à l'accroissement prévisible du trafic aérien".

Pour le Collectif Citoyen06, c'est plus de pollution de l'air, de bruit, de trafic automobile

Tout à fait légitime, le débat s'est engagé plus ouvertement sous la poussée du Collectif citoyen06, qui regroupe des associations de défense de l'environnement. Un débat qui a commencé à virer à la polémique en ce début novembre. Les arguments présentés par Thierry Bitouzé, du Collectif Citoyen06, peuvent être résumés sur plusieurs points : l'accroissement du nombre d'avions engendrera invévitablement plus de pollution de l'air, plus de bruit, plus de trafic automobile.

"L'arrivée de passagers supplémentaires induirait 8.800 voitures par jour en plus dans Nice, une ville qui "se classe déjà 99e sur 100 (communes de plus de 50 000 habitants) en France pour la qualité de l'air" et compte "500 morts prématurés par an à cause de la pollution aux particules fines" prévient-il. Et de craindre que cela ne soit pas fini avec une croissance exponentielle de l'aéroport qui pourrait mener à 21 millions de passagers en 2030.

Le soutien du secrétaire d'Etat aux Transports

Des arguments que réfute l'aéroport, rappelant l'arrivée du tram jusqu'aux terminaux, les efforts fait pour atteindre sa neutralité carbone. Mardi, le lendemain de l'ouverture de l'enquête publique, le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a de son côté confirmé son soutien, jugeant "cohérent" le projet d'extension de l'aéroport de Nice.

"Cela se fait en parfait soutien avec les élus pour atteindre la capacité d'accueil de 18 millions de passagers, soit 4 millions supplémentaires," a indiqué le secrétaire d'Etat, en soulignant que l'aéroport avait atteint sa limite et se devait répondre à une augmentation prévisible du trafic. Au préfet des Alpes-Maritimes de trancher avant la fin de l'année.


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