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Biotech : Therachon (Nice) rachetée pour 810 M$ par Pfizer !

Fondée en 2014 à Nice par Elvire Gouze, une chercheuse de l'Université Nice Sophia et de l'Inserm, Therachon a développé un traitement innovant pour l'achondroplasie, une cause majeure de nanisme chez l'homme. Un traitement qui a séduit le laboratoire américain Pfizer qui a annoncé aujourd'hui le rachat de la société pour 340 millions de dollars, avec un paiement de 470 millions de dollars supplémentaires subordonnés à la réalisation d'étapes clés.

Enorme ! 340 millions de dollars, avec un paiement de 470 millions de dollars supplémentaires subordonnés à la réalisation des étapes clés de développement de son traitement phare contre une forme de nanisme, le TA-46 : c'est la somme que le laboratoire Pfizer met sur la table pour racheter Therachon, une biotech née à Nice en 2014. Fondée par Elvire Gouze, une chercheuse de l'Inserm et de l'Université Nice Sophia, Therachon a entrepris de développer un traitement innovant pour une cause majeure de nanisme chez l'homme, l'achondroplasie (environ 80% des cas dont, celui de la célèbre comédienne, Mimie Mathy, héroïne de Joséphine ange-gardien). Le projet avait déjà séduit des investisseurs qui, en octobre 2015 avaient apporté 35 millions de dollars pour conduire à la validation du principe clinique. (Photo DR : Elvire Gouze).

Un accord définitif signé aujourd'hui

Des recherches et des développements qui se sont poursuivis et ont été menés par le laboratoire Therachon SAS au Parc Valrose de l'université à Nice, tandis que la société mère, Therachon AG, était installée à Basel, en Suisse avec une équipe de haut vol spécialisée dans le développement clinique. L'annonce de cette acquisition a été faite aujourd'hui par Pfizer qui a fait état d'un "accord définitif" signé ce jour "portant sur l'acquisition de la totalité des actions de Therachon Holding AG, société privée de biotechnologie au stade clinique spécialisée dans les maladies rares".

Dans son communiqué, Pfizer rappelle qu'il n'existe actuellement pas de traitement autorisé de l'achondroplasie qui touche environ 250.000 personnes dans le monde, maladie qui "peut occasionner de graves complications cardiovasculaires, neurologiques et métaboliques". C'est pour apporter un traitement que Therachon, a développé le "TA-46" sous forme d'injections sous-cutanées pour les enfants et adolescents porteurs de la maladie.

"Chez Pfizer, notre stratégie est de se servir de la science la plus prometteuse au monde, qu'elle vienne de nos laboratoires ou de laboratoires extérieurs", note Mikael Dolsten, président de la R&D mondiale du laboratoire américain. "A travers l'acquisition de Therachon, nous pensons avoir une opportunité significative de transformer la vie de jeunes personnes victimes d'achondroplasie et de ses complications", ajoute Seng Cheng, directeur scientifique de l'unité "maladies rares".

Une mise en valeur de la qualité de la recherche de l'université niçoise

Pdg de Therachon AG, Luca Santarelli s'est quant à lui déclaré très satisfait de la reconnaissance de la qualité de la recherche effectuée par la biotech et relève que Pfizer, avec son expertise dans le domaine des maladies rares, est particulièrement bien positionné pour accélérer le développement du TA-46.

Elvire Gouze, la fondatrice avait suivi la nouvelle étape engagée après la levée de fonds de 2015, mais en gardant son poste à l'Inserm. "Faire du développement clinique, c'est un autre travail" avait-elle estimé, relevant que les investisseurs avaient pu attirer dans ce domaine de grosses pointures. Chercheuse dans l'âme, elle rappelait aussi qu'il existe dans le monde 250 formes de nanisme pour lesquelles il n'y a pas non plus de traitement…

Quant à l'université niçoise, cette acquisition met en lumière on ne peut mieux la qualité et l'excellence de ses chercheur(e)s. Une conférence de presse est d'ailleurs prévue demain jeudi à 11 heures au Parc Valrose à Nice sur cette énorme transaction.


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