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Cannes 2013 : avec Le Passé, Asghar Farhadi frappe un grand coup

Avec "Le Passé", Asghar Farhadi a frappé un grand coup aujourd’hui au Festival de Cannes. Dans ce film tourné à Paris et en français, le réalisateur iranien nous raconte une histoire poignante, captivante de bout en bout et dans lequel Bérénice Béjo, Ali Mosafa et Tahar Rahim forment un trio éblouissant capable de cacher puis de faire exploser brutalement leurs rancoeurs, les regrets et les cris d’amour enfouis au plus profond d’eux. Un film dans la lignée de "Une Séparation" et qui, comme ce dernier, pourrait bien recueillir bien des lauriers à commencer par ceux du Festival de Cannes.

Bérénice Béjo et Tahar Rahim dans "Le Passé" de Asghar Farhadi (DR).

Ours d’Or à Berlin pour Une Séparation, le réalisateur iranien Asghar Farhadi était très attendu à Cannes avec Le Passé, d’autant plus que son film, tourné en français à Paris, comporte à son générique Bérénice Béjo, César 2012 de la meilleure actrice pour The Artist et Tahar Rahim qui creva l’écran sur La Croisette en 2009 avec Un Prophète.  Dans Le Passé, Asghar Farhadi raconte l’histoire d’Ahmad (Ali Mosafa), de retour à Paris pour venir effectuer les dernières formalités pour son divorce avec Marie (Bérénice Béjo) qu’il a quitté 4 ans plus tôt car il avait le mal du pays et était reparti à Téhéran. Marie l’installe chez elle où Ils vécurent longtemps ensemble. Il y fait la connaissance de son nouveau compagnon (Tahar Rahim) dont elle attend un enfant, mais qui est toujours marié, sa femme étant plongée dans un coma irréversible après avoir tenté de se suicider. Ahmad découvrira également le rapport conflictuel que Marie entretient avec sa fille qu’elle a eu d’un premier mariage. Un peu contre son gré, il sera celui par lequel le dialogue se renouera entre la mère et sa fille, en faisant ressurgir un lourd passé qui recèle des secrets douloureux.

Dans la lignée de Une Séparation

En tournant en France dans une langue qu’il ne parle pas du tout, le risque était grand de voir Asghar Farhadi perdre ses repères et par là même la magie de son cinéma qui avait tant séduit dans Une Séparation. Mais, sans doute grâce à ses méthodes de travail, héritées de son passé d’homme de théâtre et marquées par de longues séances de répétition qui ont permis aux acteurs de s’imprégner totalement de leurs rôles et de les vivre de l’intérieur, l’écueil est évité et l’on retrouve bien dans Le Passé, l’univers familier du réalisateur. Bérénice Béjo, Ali Mosafa et Tahar Rahim forment un trio éblouissant capable de cacher puis de faire exploser brutalement leurs rancoeurs, les regrets et les cris d’amour enfouis au plus profond d’eux. Dévoilant par touche successives la vie des différents personnages, le film est captivant de bout en bout et recèle une bonne dose d’émotions. Face à cette histoire poignante, les spectateurs sont sous le choc et il est fort possible que les membres du jury du Festival soient aussi séduits par Le Passé, qui devrait logiquement se retrouver en bonne place le soir du palmarès.  


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