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Cannes 2013 : "The Immigrant", une histoire très personnelle de James Gray

Avec "The Immigrant", présenté aujourd’hui au Festival de Cannes, James Gray nous livre une histoire très personnelle inspirée de l’arrivée de ses grands parents sur le sol américain. Il offre aussi un rôle en or à Marion Cotillard qui incarne une jeune polonaise débarquant avec sa sœur à Ellis Island, véritable sas d’entrée avant de pouvoir accéder à New York. Pour sauver sa sœur malade et menacée d’expulsion, elle se résignera à se livrer à la prostitution en tombant dans les mailles du filet tendues par un proxénète qui lorgne ses proies dans les files d’attente d’Ellis Island.

Joaquin Phoenix et Marion Cotillard dans "The Immigrant" de James Gray (DR)

Le Festival de Cannes aime James Gray puisque, hormis son premier film Little Odessa, qui fût présenté à la Mostra de Venise, tous ses films ont eu les honneurs de la compétition cannoise même si, pour l’instant, celle-ci ne lui porta pas vraiment chance et qu’à chaque fois le cinéaste américain est reparti bredouille de La Croisette. Cette année, il revient avec The Immigrant, une histoire très personnelle même si elle n’est pas autobiographique mais s’inspire de l’arrivée de ses grands parents sur le sol américain en provenance de Russie et d’Ukraine. Dans The Immigrant, James Gray s’intéresse au parcours d’Ewa (Marion Cotillard), une jeune polonaise débarquant avec sa sœur comme tous les immigrants à Ellis Island, véritable sas d’entrée avant de pouvoir accéder à New York et à la terre promise. Mais pour connaître l’Eldorado, encore faut-il pouvoir passer les barrières d’entrée, ce qui ne sera pas le cas de sa sœur qui, après avoir attrapé la tuberculose lors du voyage éprouvant en bateau,  se trouve mise en quarantaine et menacée d’expulsion. Pour la soigner et lui éviter un retour au pays, Ewa est prête à tous les sacrifices et se résigne à se livrer à la prostitution en tombant dans les mailles du filet tendues par un proxénète (Joaquin Phoenix) qui lorgne ses proies dans les files d’attente d’Ellis Island.

Un rôle en or pour Marion Cotillard

Ewa, l’héroïne au centre de l’histoire, est une victime mais aussi quelqu’un doté d’une grande force qui contrôle son destin et n’hésite pas à se servir de celui qui l’exploite. Pour réaliser ce mélodrame, James Gray s’est inspiré de la  tradition de l’opéra où l’on cherche à atteindre une vérité supérieure par des émotions démesurées et des situations dramatiques. Le cinéaste a écrit ce film pour Marion Cotillard, rencontrée après s’être liée d’amitié avec Guillaume Canet avec lequel il a écrit le scénario de son film américain Blood Ties. Il a été particulièrement séduit par le visage de l’actrice qui lui parait si expressif qu’elle pourrait selon lui être une grande actrice du muet. Mais James Gray lui aussi concocté une tonne de dialogues dont une partie en polonais qui constituait un véritable défi dont elle s’est sortie avec brio. Au-delà de cela, The Immigrant offre à Marion Cotillard un rôle en or qui la positionne en candidate crédible au Prix d’interprétation féminine qui lui a échappé l’an dernier malgré sa formidable prestation dans De rouille et d’os de Jacques Audiard. Un prix qui permettrait à James Gray de vaincre sa malédiction cannoise. Pour la Palme d’Or, le réalisateur risque d’attendre encore un peu car The Immigrant n’est sans doute pas son meilleur film.


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