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Inria : une contribution majeure à la révolution du numérique

L’Inria, le seul institut public dédié aux Sciences et aux innovations numériques, a célébré vendredi le 30ème anniversaire de l’inauguration de son centre de recherche de Sophia Antipolis. Une occasion de vérifier la contribution majeure de l’Inria à la révolution du numérique qui est aujourd’hui omniprésent dans notre quotidien.

Célébration vendredi du 30ème anniversaire de l’inauguration, 3 ans après l’installation des premières équipes, du centre de recherches de l’Inria à Sophia Antipolis. L'occasion d'une rencontre avec le PDG de l’Inria pour évoquer cette contribution et l’impact des travaux menés à Sophia Antipolis, notamment sur les logiciels embarqués et le patient numérique. Antoine Petit parle aussi de l’avenir et de la place que continuera à occuper l’Inria s’il fait les bons choix.

Dans son introduction, Gérard Giraudon, l’actuel directeur du centre a rappelé comment en 30 ans le monde était devenu numérique. Une évolution à laquelle l’Inria, et en particulier son centre de Sophia Antipolis, a apporté une contribution décisive ainsi que le laisse d’ailleurs entendre le nouveau sous-titre de l’Inria : « Inventeurs du Monde Numérique ». Depuis 1984, l’Inria a notamment été très présente dans le  développement d’Internet et du World Wide Web, dans le calcul parallèle et le cloud computing ou dans les recherches sur le patient virtuel. Au fil des ans, ses chercheurs ont été régulièrement distingués à l’image de Gérard Berry ou de Nicholas Ayache.

Une capacité à transmettre le flambeau

Durant toutes ces années, la force de l’Inria a été sa capacité à transmettre le flambeau et à construire en équipe de génération en génération. A ce titre, la présence à cette manifestation des trois anciens directeurs du centre de Sophia Antipolis était particulièrement symbolique. Premier Directeur, de 1983 à 1996, Pierre Bernhard a d’ailleurs rappelé que le pari de l’implantation de l’Inria à Sophia était loin d’être gagné d’avance et combien sa naissance avait été difficile dans ce qui était perçu comme un « trou perdu » vu de Paris. Mais, tout comme le numérique, la technopole de Sophia Antipolis a connu une formidable croissance lors de ses 30 dernières années et l’Inria n’y est d’ailleurs sans doute pas étrangère avec son goût pour le terroir et sa volonté d’être un partenaire majeur du développement du territoire. Ceci à la fois de manière directe par les propres activités de l’Inria, mais aussi en suscitant la création de nombreuses start-up pour industrialiser les travaux de recherche de ses équipes.

30 ans de Recherche et d’Innovations Numériques

Cette volonté d’irriguer Sophia et tout le département a été particulièrement mise en lumière lors de la table ronde intitulée « 30 ans de Recherche et d’innovations numériques. Impacts et enjeux pour notre territoire ». Outre la part belle faîte aux « inventeurs », les différents intervenants ont illustré à merveille l’impact de l’Inria sur le développement du numérique et ses répercussions sur notre territoire. Ainsi, avec Jean-François Abramatic, Directeur de recherche à l’Inria qui fut le Président du W 3C (World Wide Consortium) de 1996 à 2001,  nous avons pu nous rendre compte de l’implication de l’Inria dans les débuts du Web avec notamment la création du W3C qui a joué un rôle décisif pour maintenir ouverts les standards du Web, ce qui a permis la transformation du monde. 

Le « Nobel du logiciel » pour Yves Bertot

Avec Yves Bertot qui travaille sur le système Coq, un logiciel de programmation  permettant de s’assurer d’être compris et d’éviter les bugs, nous avons pu mesurer l’impact social des recherches de l’Inria dont le résultat se retrouve par exemple dans les logiciels embarqués des Airbus. Des recherches récompensées par le prix ACM Software System, considéré par beaucoup comme le « Nobel du logiciel ». Les retombées de recherches de l’Inria sont présentes dans de multiples domaines, aussi bien dans la vidéosurveillance comme l’a montré Yves Pichon, le Président de NeoSensys, la dernière spin off de l’Inria qui développe un système de vidéo intelligente permettant notamment de lutter efficacement contre le vol, mais aussi d’augmenter la performance commerciale des magasins. Olivier Guérin, Chef de service de gériatrie au CHU de Nice, a lui évoqué l’irruption de plus en plus forte du numérique dans l’univers de la gérontologie avec notamment des expérimentations facilitant le maintien à domicile des personnes âgées.

Gérard Berry et la révolution de l’enseignement

Pionnier de l’informatique et figure emblématique de l’Inria, Gérard Berry est intervenu sur la nécessaire révolution de l’enseignement de l’informatique qui a pris beaucoup de retard en France. Un enseignement qui a été supprimé en 1998, au moment même de l’explosion de l’internet. Aujourd’hui, le combat fait rage entre ceux qui donnent la primauté aux usages et ceux pour qui il est avant tout nécessaire de savoir comment cela fonctionne. Toutefois, pour Gérard Berry, les choses semblent commencer à bouger dans le bon sens avec un début de prise de conscience des politiques, même si la direction dans laquelle ils s’engagent est encore incertaine. Pour lui, il convient de se méfier d’approches trop passives pour les élèves et il préfère celle de Barack Obama leur disant « Ne jouez pas trop aux jeux vidéos, fabriquez en ». Le jeu vidéo peut d’ailleurs aussi avoir un certain pouvoir d’enseignement. Ainsi, « Assassin’s Creed Unity » permettra sûrement à beaucoup de jeunes d’en connaître plus sur la Révolution française que grâce à leurs cours d’histoire. Fabrice Moizan, Directeur du centre de recherche de Nvidia sur Sophia, a d’autre part évoqué la création d’un écosystème sur la technopole autour du jeu vidéo, à partir notamment  de la création d’un Game Play sur Antipolis à l’époque grecque. Un jeu créé par les étudiants du Master de jeu vidéo sur un scénario élaboré par des professeurs qui se sont totalement impliqués dans ce projet auquel sont venues s’intégrer de nombreuses entreprises locales.

La  conclusion du nouveau PDG de l’Inria

C’est au nouveau PDG de l’INRIA, Antoine Petit qu’est revenu l’honneur de conclure cette manifestation. Un Président qui aime bien célébrer les anniversaires et se pencher vers le passé, mais qui préfère se tourner vers l’avenir. Pour lui, même s’il convient de rester modeste sur la prévision de ce qui va se passer au cours des 30 prochaines années, l’Inria, à condition de faire les bons choix, aura encore un rôle majeur à jouer, notamment dans le raffinement des données qui constitueront «  le pétrole du 21ème siècle ». Un raffinement qui passe par l’analyse et la compréhension de ces données, à partir de méthodes mathématiques assez élaborées que maîtrise bien l’Inria dont le challenge sera d’aider les entreprises à traiter correctement ces grandes masses de données et de développer des interactions entre ceux qui les produisent et les chercheurs de l’Inria capables de les analyser. 


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