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Instituts d’Intelligence Artificielle : Nice-Sophia présélectionné !

Une bonne nouvelle tombée à la veille de SOPHI.A qui s'ouvre demain : Nice-Sophia Antipolis a été présélectionné ainsi que Grenoble, Paris et Toulouse pour les Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle. Le "3IA Côte d'Azur" a pour applications privilégiées la santé et le développement des territoires. Un projet détaillé devra être déposé avant le 15 janvier 2019.

Voilà une nouvelle, une bonne nouvelle, qui tombe à pic ce mardi soir, la veille de l'ouverture de SOPHI.A, le premier sommet sur l'Intelligence Artificielle organisé dans la technopole : Nice-Sophia Antipolis est présélectionné pour les Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle avec Grenoble, Paris et Toulouse. Dans le cadre du programme national pour l’intelligence artificielle (IA) annoncé par le Président de la République lors de la journée "AI for Humanity" le 29 mars, l’Etat avait en effet décidé de soutenir la constitution d’un réseau composé d’un petit nombre d’Instituts Interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle (3IA) avec lesquels l’ensemble du potentiel français en IA aura vocation à interagir.

Il avait été question ainsi de la création de cinq instituts dont deux sur Paris et trois en province (en fait il n'y en a donc que quatre dont un seul à Paris). Les jeux étaient donc serrés et après la réunion du jury international à la mi-octobre, les résultats étaient attendus avec impatience sur la Côte d'Azur. Quant au sommet sur l'IA qui a lieu demain mercredi et jeudi 7 et 8 novembre, il a été rappelé hier lors de la conférence de presse de présentation, qu'il n'avait pas été organisé en vue de la candidature à un Institut de l'IA : la décision d'organiser le sommet a été prise en octobre 2017, bien avant que l'Etat ne lance le projet d'Instituts dédiés.

Les quatre sites pré-sélectionnés

A cet effet, l'appel à manifestations d’intérêt avait été lancé le 25 juillet par Frédérique Vidal, ministre de l’ESRI (Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation), et Guillaume Boudy, secrétaire général pour l’Investissement afin de recueillir les candidatures des pôles de recherche, de formation et d’innovation qui pourront candidater pour l’obtention du label 3IA. Douze dossiers ont été déposés par les sites de Bordeaux, Grenoble, Lille, Marseille, Nancy, Nice-Sophia Antipolis, Paris (deux), Paris-Saclay, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Sous la présidence d'Aude Billard, Professeur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, un jury international composé de personnalités scientifiques reconnues dans le domaine de l’intelligence artificielle a proposé de présélectionner les projets d’instituts 3IA des sites de :

  • à Grenoble – "MIAI@Grenoble-Alpes" avec pour applications privilégiées la santé, l’environnement et l’énergie
  • à Nice – "3IA Côte d'Azur" avec pour applications privilégiées la santé et le développement des territoires
  • à Paris – "PRAIRIE" avec pour applications privilégiées la santé, les transports et l’environnement
  • à Toulouse – "ANITI" avec pour applications privilégiées le transport, l’environnement et la santé.

Ces sites devront désormais déposer un projet détaillé avant le 15 janvier 2019, afin d’obtenir leur labellisation 3IA définitive après examen par le jury international. Ce processus permettra également de sélectionner les premières chaires individuelles de recherche au sein de chaque 3IA. Chaque projet d’institut se verra indiquer par l’ANR le montant maximal du soutien que l’Etat lui apportera au sein de l’enveloppe dédiée de 100 M€, au travers du programme prioritaire de recherche du PIA3 et du budget du ministère ESRI.

Le troisième élément structurant du programme national en IA

Après le conseil de l’innovation du 18 juillet dernier qui a sélectionné deux premiers défis d’IA portant sur l’amélioration des diagnostics médicaux par l’IA d’une part, sur la sécurisation, la fiabilisation et la certification des algorithmes d’IA d’autre part, après le renforcement des moyens des appels à projet IA de l’ANR (+10 M€/an) dès 2018, la constitution du réseau des Instituts 3IA est le troisième élément structurant du programme national en IA dont la coordination a été confiée à Inria. 

L’examen des manifestations d’intérêt a confirmé le très fort potentiel national en matière d’IA, que ce soit autour d’initiatives déjà soutenues par le PIA comme l’Institut de Convergences Data-IA, ou autour de nouvelles initiatives qui ont su mobiliser fortement les communautés scientifiques concernées et l’écosystème industriel. Ces initiatives auront également vocation à se développer à l’aide des mesures complémentaires du programme national en IA qui seront annoncées par la Ministre de l’ESRI et le Secrétaire d’Etat au Numérique le 29 novembre à l’occasion du comité de pilotage du plan IA prévu à cette date.

Apporter la vision européenne de l'IA

"Les 4 sites présélectionnés pour les instituts permettront de former un réseau avec les meilleures institutions de recherche mondiale en IA", a déclaré Frédérique Vidal. Et de rappeler les enjeux. "Le développement des technologies d’IA s’accélère fortement et irrigue l’ensemble des secteurs de l’économie et de notre vie quotidienne, en posant de nouveaux sujets économiques, sociaux, éthiques et démocratiques. Cette compétition est mondiale, et en son sein, les USA et la Chine font la course en tête en portant des visions de l’IA sensiblement différentes de la vision européenne. Pour ces deux raisons la France et l’Europe, se doivent d’être à la pointe mondiale de l’IA et l’impulsion donnée par le Président de la République est décisive".

Secrétaire d'Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi a insisté sur les deux piliers sur lesquels la recherche française dans l'IA doit se reposer : la performance et l’humanité, avec en permanence la question du sens, de l’impact des outils qui sont développés. Quant à Guillaume Boudy, il a souligné qu'avec l’action intitulée Programmes prioritaires de recherche, était soutenue la structuration de certains secteurs scientifiques et/ou technologiques qui présentent des enjeux particuliers pour la France. "Parmi ces programmes, celui consacré à l’intelligence artificielle est et restera le plus important, ce qui illustre clairement l’investissement de l’Etat dans ce secteur."

Un jury de très haut niveau et très international

Les plus grandes universités et instituts et des personnalités reconnues venant d'Europe, des Etats-Unis, du Canada, d'Israël, du Japon ou encore de Corée du Sud, viennent composer le jury.

  • Elisabeth André, Université d’Augsburg (Allemagne)
  • Ran Balicer, Clalit (Israël)
  • Regina Barzilay, MIT (USA)
  • Aude Billard, EPFL (Suisse)
  • Andrew Blake, Cambridge University (Grande-Bretagne)
  • Kate Crawford,Microsoft / New-York University (USA)
  • Martial Hébert, Carnegie Mellon University (USA)
  • Michael Jordan, Berkeley University (USA)
  •  Fei Fei Li, Stanford University  (USA)
  • Joëlle Pineau, Facebook / McGill University (Canada)
  • Stuart Russel, Berkeley University (USA)
  • Bernhard Schölkopf, Max Planck Institute Tübingen (Allemagne)
  • Hideaki Takeda, National Institute of Informatics (Japon)
  • Hyun Seung Yang, Korean Advanced Institute of Science and Technology (Corée du Sud)

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