Le Retour d’Harold Pinter au Théâtre de Nice

Le Retour d’Harold Pinter est présenté jusqu’à dimanche au Théâtre de Nice, dans une mise en scène de Luc Bondy et avec une distribution éclatante, de Bruno Ganz à Emmanuelle Seigner en passant par Pascal Greggory et Louis Garrel. La pièce du dramaturge anglas raconte le retour d’un fils prodigue dans sa famille à qui il vient présenter sa belle épouse qui deviendra vite l’esclave domestique et sexuelle de toute la famille. Une prostituée qu’Harold Pinter a tout de même voulu présenter comme un esprit libre et indépendant.

"Le Retour", un huis-clos dans une famille de pervers et de désaxés (DR © BM Palazon)

Le Théâtre National de Nice accueille jusqu’à dimanche Le Retour, une pièce d’Harold Pinter dans une traduction de Philippe Djian mise en scène par Luc Bondy avec une distribution éclatante emmenée par Bruno Ganz, mais avec aussi Emmanuelle Seigner, Pascal Greggory et Louis Garrel. Le retour est celui du fils qui a réussi une brillante carrière aux Etats-Unis où il est devenue professeur de philosophie dans une université. 6 ans après son départ, il revient à l’improviste à Londres pour présenter sa femme à sa famille qui ignore qu’il est marié et a trois enfants. Le choc culturel est rude entre cet intello et sa famille composée du père, un ancien boucher monstre de veulerie, de son oncle, un chauffeur faible de caractère, et de ses deux frères, le plus jeune, un séducteur qui veut devenir boxeur et l’autre qui traficote dans des affaires louches et est un peu maquereau sur les bords. L’irruption de la belle Ruth dans ce nid de mâles peu ragoûtants va bousculer l’ordre établi. Mal reçue et rejetée durement, la belle épouse acceptera vite de devenir l’esclave domestique et sexuelle de toute la famille, et même de se prostituer pour payer sa pension. Résigné, le mari repartira seul aux Etats-Unis.

Un retour pas si gagnant

Si elle est un peu le symbole de l’utilisation de la femme par les hommes parce qu’elle devient prostituée, Harold Pinter a surtout voulu présenter Ruth comme un esprit libre et indépendant, complètement maîtresse de son destin contrairement aux hommes qu’elle ne se prive pas de manipuler. Pourtant, malgré la beauté et le charme d’Emmanuelle Seigner, on a un peu de mal à croire à son histoire, sans doute parce que la pièce écrite en 1964 par le dramaturge anglais a malheureusement vieillie. Ceci explique aussi qu’on ait du mal à se passionner  par la vie de cette famille de pervers et de désaxés. Or, pour apprécier pleinement Pinter il faut être véritablement dans l’histoire car, comme le dit Philippe Djian  « chez Pinter, le sens profond, c’est ce qui est caché, l’infratexte. C’est comme si sous une rivière en coulait une autre, souterraine, une rivière encore plus profonde. Invisible ». Le Retour n’est donc pas si gagnant que cela, sauf si vous parvenez à entrer dans la pièce. Vous serez alors sûrement séduit par les numéros d’acteurs, notamment celui de Bruno Ganz, et vous prendrez du plaisir à ce huis-clos familial.

Le Retour d’Harold Pinter – Mise en scène de Luc Bondy – Théâtre National de Nice. Mercredi 6, vendredi 8 et samedi 9 mars à 20h30. Jeudi 7 mars à 19h30. Dimanche 10 mars à 15h. 


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