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Loi de Finances : la CCI s'insurge contre une nouvelle ponction

"Quelle organisation peut absorber une baisse de 17% de ses revenus en moins de trois mois ?" s'est insurgé le président de la CCI Nice Côte d'Azur en réaction au projet de loi de Finances 2018 qui prévoit une nouvelle baisse de 150 M€ de la ressource fiscale affectée au réseau des CCI. Pour Jean-Pierre Savarino, cette baisse de 17% qui s'ajoute aux 35% de restrictions budgétaires déjà supportées, est un véritable "non-sens au détriment de l'intérêt général".

Cette fois, la menace qui était dans l'air se confirme. Le projet de loi de Finances 2018 prévoit une nouvelle baisse de 150 millions d’euros de la ressource fiscale affectée au réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie, soit une baisse de -17% s’ajoutant aux 35% de restrictions budgétaires déjà supportées. Au cumul, cela représente une réduction de 50% des ressources fiscales entre 2012 et 2018. Avec au niveau de la France quelque 2.000 emplois qui pourraient être supprimés.

Une nouvelle perte de 3 M€ sur un budget annuel de 70 M€

Dans les Alpes-Maritimes, cette nouvelle coupe sombre représente pour la CCI Nice Côte d’Azur une perte de près de 3 millions d’euros sur un budget annuel de 70 millions d’euros. Un gros impact évidemment, tandis qu'une autre incertitude se lève : celle d'une fusion avec les chambres des Métiers que les députés LREM voudraient enclencher.

"Cette ponction risque de casser une dynamique d’investissement et son effet levier auprès des entreprises azuréennes alors que l’économie azuréenne révèle une légère reprise et un regain de confiance des chefs d’entreprises", souligne la CCI Nice Côte d'Azur dans un communiqué en réaction à cette ponction supplémentaire qui se dessine.

Jean-Pierre Savarino : "une décision incompréhensible et incohérente"

Président de la CCI Nice Côte d’Azur, Jean-Pierre Savarino dénonce aussi une décision brutale qu’il qualifie d’incompréhensible et incohérente. "Quelle organisation peut absorber une baisse de 17% de ses revenus en moins de trois mois ?" interroge-t-il. "Les CCI sont gérées comme des entreprises avec des budgets équilibrés, des résultats positifs pour pouvoir investir et une vision moyen-long terme pour préparer l’avenir."

"L’Etat affaiblit son meilleur allié pour le déploiement des politiques publiques auprès des entreprises. A travers nos investissements avec le Campus Régional de l’Apprentissage, notre accompagnement à la digitalisation des commerces, nous déployons les orientations économiques du gouvernement" rappelle Jean-Pierre Savarino.

Le soutien du monde politique et socio-économique azuréen

Le monde politique et socio-économique azuréen n'a pas compris non plus cette décision qui va déstabiliser l'un des acteurs économiques le plus actif et essentiel du département. L’ensemble du monde socio-économique (l’APPIM, la French Tech Côte d’Azur, les Fédérations de Commerçants azuréens…) s’accorde unanimement à reconnaître le rôle de catalyseur de la CCI Nice Côte d’Azur pour stimuler l’énergie créatrice et l’innovation, encourager les projets générateurs de croissance économique et d’emplois sur le territoire azuréen.

"Affaiblir la CCI, c’est affaiblir le monde économique dans son ensemble", dénonce aussi Philippe Renaudi pour l’Union Patronale 06. "C’est un mauvais calcul et une réponse inadaptée qui pénalise les TPE/PME. Cette baisse de fiscalité ne profite même pas aux entreprises qui ne voient aucune baisse de leurs charges".

Des investissements lourds pour la compétitivité du territoire et de ses entreprises

La CCI Nice Côte d’Azur, quant à elle, trouve cette décision d'autant plus incohérente et injuste qu'elle s'engagée dans des investissements lourds pour la compétitivité du territoire et de ses entreprises,. Elle s'estime aussi "sanctionnée de manière injuste pour sa gestion exemplaire avec le risque de priver les entreprises d’aides au développement, à la formation".

Jean-Pierre Savarino rappelle également que la Chambre initie un nouveau projet d’entreprise CAP21 au service des entreprises et du territoire. Aussi, insiste-t-il "à défaut d’un abandon, nous demandons au minimum un étalement. Laissez-nous travailler sans nous pénaliser dans nos missions de services aux entreprises. Nous sommes d’ailleurs prêts à être audités !" Dans cette ligne, la CCI Nice Côte d’Azur a d’ailleurs lancé une étude d’impact de ses activités pour le territoire. D’ici la fin 2017, un cabinet d’audit indépendant va calculer la valeur ajoutée économique générée par la CCI. Des chiffres qui devraient donner toute la mesure de son rôle dans l'économie azuréenne.


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