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MIPIM 2015 : l'immobilier entame sa transition numérique

La révolution digitale était bien au cœur de ce MIPIM 2015 marqué par une augmentation de la participation (22.000 personnes contre 21.000 en 2014) et par une forte chute de la présence russe, comblée par celle des pays européens, d'Amérique du Nord et de Turquie. Parmi les tendances relevées : une priorité dans la qualité de vie mise de plus en plus en avant par les collectivités locales et les gestionnaires de bureaux.

Que retenir du MIPIM de Cannes qui s'est terminé vendredi ? D'abord que le Marché International des professionnels de l'immobilier, durement impacté par la crise des subprimes de 2008, continue sa remontée sans avoir pour autant renoué avec ses plus hauts d'alors. Il a accueilli 22.000 participants cette année dont 4.500 investisseurs contre 21.000 en 2014 (et 18.000 en 2009 contre 29.000 pour son apogée en 2008). Autre caractéristique de cette année : les Russes auront été beaucoup moins présents. Le contexte politique international et la chute du rouble l'expliquent. En revanche, ce manque a été plus que largement comblé par la forte augmentation du nombre de participants originaires des pays européens clés, d'Amérique du Nord et de Turquie.

Investissement immobilier : 1,2 trillions d'euros en 2015!

A l'échelon mondial, l'investissement immobilier est à la hausse. Selon les données publiées par Cushman & Wakefield à l'occasion du salon, il devrait augmenter de 11 % cette année pour atteindre un montant astronomique d'1,2 trillion d'euros, avec en tête les États-Unis et l'Europe. "En 2014, la reprise a été bien meilleure que ce qui avait été annoncé l'année dernière à cette même époque. Les perspectives 2015 sont encore meilleures, avec le relâchement des contraintes qui pesaient sur le marché", a remarqué David Hutchings, son responsable de la stratégie des investissements EMEA.

Tour d'horizon des grands projets

A travers les stands, un tour d'horizon pouvait être fait sur les grands projets en cours. Parmi les plus ambitieux en Europe, le Grand Paris. C'est un gigantesque programme dont l'échéance est fixée à 2030. Il tient dans le développement d'un nouveau système de transport autour de la capitale et la construction d'immobilier résidentiel, de bureaux, à usage mixte et commercial, transformant Paris – pour reprendre les paroles des instigateurs du projet – "en une métropole durable et créative". C'est d'ailleurs dans ce sens de l'aménagement durable que travaille la Métropole Nice Côte d'Azur qui présentait sur son stand les dernières avancées de l'Eco-Valley. Au MIPIM, l'équipe du Grand Paris cherchait à rencontrer des investisseurs internationaux, le seul volet transport du projet s'élevant à 25 milliards d'euros avec la création de 72 nouvelles stations de métro.

Istanbul, quant à elle, a frappé très fort, en exposant une époustouflante maquette interactive de 96 m² devant laquelle les participants se bousculaient. La capitale turque et ses banlieues sont entrées en effervescence. Elles recensent actuellement 40 grands projets en cours de construction, pour un besoin en investissements avoisinant les 28 milliards d'euros. D'autres villes turques étaient également présentes, dont Antalya, à la recherche de financement pour ses projets de rénovation urbaine, l'un sur la côte de Konyaalti et l'autre au centre de Kepezaliti.

Une attention accrue aux critères de qualité de vie des citadins

Une tendance aussi s'est dégagée du marché ont relevé les organisateurs. Alors que les villes s'efforcent d'attirer financements et utilisateurs finaux, elles attachent une attention accrue aux critères de qualité de vie des citadins, tout comme les promoteurs et gestionnaires de bureaux s'intéressent de plus en plus au bien-être des occupants de leurs locaux.

Dans cet esprit, la multinationale française Bouygues Immobilier a dévoilé son projet Nextdoor, incarnant sa vision du bureau et de la ville de demain. Illustré par le nouveau complexe de bureaux de 2.600 m² à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne, le concept de Bouygues réunit les impératifs clés définis par la société : confort, excellence des infrastructures de transport, simplicité numérique associée à la connectivité et capacité des bâtiments à évoluer pour répondre aux besoins de leurs occupants. Un concept conforté par une étude réalisée par Bouygues, selon laquelle 40 % des salariés affirment que la qualité de l'environnement de travail détermine leur choix de futur employeur.

La révolution digitale à l'honneur

Mais l’une des innovations les plus marquantes de cette édition aura été le choix de mettre à l’honneur la révolution digitale, une thématique englobant à la fois les villes intelligentes, le Big et Open Data mais aussi le financement participatif et l'économie partagée. "Nous tous, acteurs de l'immobilier, quelle que soit la classe d’actif géré, allons voir notre métier transformé par le digital dans les années à venir", a commenté Chris Marlin, président de Lennar International, co-organisateur d'une conférence très suivie intitulée "L’économie digitale défie le secteur de l’immobilier : des perturbateurs à la porte".

Parmi l'aspect le plus directement visible de cette entrée dans une nouvelle ère numérique figure le développement de bureaux hyper-connectés, équipés pour le numérique, permettant une gestion des bureaux plus efficace et offrant un cadre de travail agréable. "La révolution digitale a déjà eu un impact majeur sur des industries telles que le transport, le tourisme et la santé" remarque Filippo Rean de Reed MIDEM. "Nous n'en sommes qu'au début, mais le digital va jouer un rôle croissant dans le secteur de l'immobilier, avec par exemple l'essor du financement participatif. Le MIPIM doit jouer son rôle en devenant le lieu de rencontre entre le monde du digital et celui de l'immobilier". Un thème qui ne devrait donc pas manquer de revenir au centre des prochaines éditions.


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