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Municipales 2ème tour : les grands favoris et ceux qui devront batailler

Si Christian Estrosi à Nice ou David Lisnard à Cannes partent en grands favoris dimanche, la situation sortie de la période des fusions de listes sera plus incertaine sur Grasse avec trois listes qui ont fusionné face à l'UMP Jérôme Viaud, sur Saint-Laurent-du-Var, Vence, Biot, Villefranche-sur-mer ou encore La Trinité. Le point à trois jours du scrutin.

Dernière ligne droite pour les municipales 2014. Après la période des fusions, ouverte à l'issue du premier tour et terminée mardi 18 heures date limite du dépôt des listes, les candidats sont en ordre de bataille. Il s'agit maintenant de convaincre de la pertinence des fusions quand il y en a une, de garder son électorat mobilisé pour le second tour et surtout d'essayer de chercher des voix chez les abstentionnistes du premier tour alors que le taux d'abstention dans les Alpes-Maritimes comme partout ailleurs a été particulièrement élevé pour des municipales.

Au total, dimanche, 72 listes dont 9 fusionnées seront en lice dans 24 communes des Alpes-Maritimes de plus de 1000 habitants. Voici comment la situation se présente.

Nice : pas de fusion pour Patrick Allemand (PS)

A Nice, Christian Estrosi, en tête avec une solide avance (44,98% soit près de 30 points d'avance sur le second) n'a pu éviter un deuxième tour. Mais le maire sortant devrait être réélu sans problème dimanche. Même Jean-Marie Le Pen, venu hier à Nice soutenir la candidate du Front National Marie-Christine Arnautu, en convenait. Quant à Patrick Allemand, le leader PS, il aura bien du mal à remonter la pente d'un résultat exécrable au premier tour : 3ème, derrière la candidate FN, avec 15,25%. Une Berezinas!

Pour le second tour, il ne pourra pas compter sur les voix du Front de gauche faute de fusion avec la liste de Robert Injey (5,38%) qui n'appelle pas à voter en sa faveur et stigmatise la "politique de la terre brulée du PS". Et puis, les statistiques de l'emploi publiées hier ne viendront pas redorer le blason du PS. Alors que la personnalité même de Patrick Allemand est contestée, difficile pour lui d'aller à la chasse aux abstentionnistes avant dimanche et même de garder mobilisé son électorat.

Au-delà du score de la gauche niçoise, les questions que se posent les analystes de la politique locale tiennent aussi aux pourcentages que pourraient atteindre le FN et l'opposant de "droite élargie" Olivier Bettati. Marie-Christine Arnautu bénéficiera-t-elle du report des voix des identitaires de Philippe Vardon (4,44%) et de l'ancien maire Jacques Peyrat (3,69%). Olivier Bettati, qui n'était pas attendu pour le second tour où il s'est engouffré de justesse (10,13%), va-t-il bénéficier de la dynamique enclenchée et profiter des votes contestataires de droite comme de gauche ? Va-t-il se rapprocher un peu plus du score de Patrick Allemand, devenant ainsi un opposant majeur à Christian Estrosi. A suivre dimanche soir.

Cannes : Jean-François Coppé accordera-t-il l'investiture UMP officielle à David Lisnard?

A Cannes, autre point chaud des municipales azuréennes, David Lisnard a mis KO d'entrée son challenger Philippe Tabarot (48,81% contre 26,42%). Le dauphin de Bernard Brochand, qui n'a pas apparemment pâti de l'accélération du dossier des affaires cannoises, est désormais l'ultra favori de la triangulaire qui s'est ouverte.

D'un côté, la candidate FN, Catherine Dorten, devrait retrouver ses voix (14,97%). De l'autre, le PS et le Front de Gauche, éliminés au premier tour, n'ayant pas donné de consignes de vote, leurs voix seront perdues ou disséminées. Dans ce contexte, Philippe Tabarot ne pourra, au mieux, qu'améliorer son score du premier tour.

David Lisnard, qui a mené une campagne très active, un véritable "Blitzkrieg", cherche aujourd'hui à obtenir un coup de pouce supplémentaire : l'investiture UMP officielle. Philippe Tabarot étant du clan Coppé et David Lisnard de celui de Fillon, le parti n'avait alors pas tranché, préférant laisser parler le verdict populaire. Il s'est prononcé en faveur de David Lisnard qui, dès dimanche soir, a demandé aussi à Jean-François Copé de respecter le contrat tacite. La réponse est attendue.

La nouvelle donne sortie des fusions de listes

Pour toutes les autres communes de plus de 1.000 habitants des Alpes-Maritimes où il y a ballotage, les listes pouvaient être fusionnées (rappelons qu'il faut plus de 10% au premier tour pour qu'une liste puisse rester présente au second et plus de 5% pour qu'elle puisse fusionner avec une liste restant présente). Il a fallu aussi attendre mardi 18 heures, date limite de dépôt des listes, pour mieux connaître les forces en présence dans chaque commune pour le second tour. Pour les Alpes-Maritimes, la donne sortie du premier tour a ainsi changé dans neuf communes.

Grasse : trois listes à l'assaut du candidat UMP

A Grasse, trois listes ont fusionné pour contrer Jérôme Viaud. Le candidat UMP, adoubé par le maire sortant Jean-Pierre Leleux qui ne se représentait pas, est arrivé en tête lors au 1er tour avec 33,42% des voix. Il se retrouvera dimanche dans une triangulaire face au FN de Jean-Marc Deggioanni (21,06% au 1er tour) et la liste commune des candidats de la gauche unie, Paul Euzière (23,22%), de Philippe-Emmanuel de Fontmichel (14,69%) et de Stéphane Cassarini qui avait créé la surprise avec un score de 7,61% au 1er tour. La simple mathématique donnerait 33,42% d'un côté et 45,62% de l'autre (23,22 + 14,69 + 7,61). Mais les choses évidemment ne sont pas si simples.

Jérôme Viaud a déjà contre-attaqué, raillant sur les ondes "l'alliance de la carpe et du lapin". Le quotidien "Le Parisien" enfonce ce clou. Dans un article intitulé "A Grasse, une liste menée par un communiste espère évincer l'UMP", il note insidieusement que "le frontiste Deggioanni s'étonnait qu'un militant communiste pactise avec "un gestionnaire de fortune" vivant dans un immense hôtel particulier." Le Parisien rappelle que "la ville plutôt ancrée à droite, avec une opposition de gauche traditionnellement dominée par le parti communiste, a déjà eu un maire communiste voici 31 ans (1977-1983)". Pas forcément le meilleur souvenir.

Tout se jouera donc dimanche sur les reports de voix tandis que le troisième homme de la triangulaire, Jean-Marc Deggioanni, figure locale du Front national, pourrait jouer les arbitres.

Villefranche-sur-mer : un troisième bastion anti-Métropole?

Autres scrutins à suivre, ceux qui vont se jouer sur l'Est du département, sur fond de bras de fer avec la Métropole Nice Côte d'Azur. Après Eze et Saint-Jean Cap Ferrat, un troisième bastion de résistance à NCM se profile à travers la fusion des listes de Cédric Cirasa (23,73% au premier tour) et Jean-Pierre Mangiapan (33,98%), face au candidat UMP Christophe Trojani (42,27%) soutenu par Christian Estrosi.

C'est un revirement de situation à Villefranche-sur-mer où Christophe Trojani avait laissé entendre lundi qu'il opérait un rapprochement avec Cédric Cirasa, l'homme clé du scrutin, rapprochement qui s'est donc fait avec son concurrent et change complètement la donne et sans doute le résultat final.

La Trinité : la gauche fusionne face à l'UMP

Bastion communiste de 1983 à 2001, La Trinité (10.230 habitants), au nord-est de Nice sera aussi à suivre. Candidat chevènementiste, Ladislas Polski (25,3%) a fusionné sa liste avec celle du Front de gauche/PCF, d'Adeline Mouton (12,6%), face à Jean-Paul Dalmasso (UMP-UDI), 1er adjoint et dauphin du maire sortant qui a recueilli 34,9% au 1er tour. Tout comme à Grasse, l'arbitre du 2ème tour pourrait être le FN avec Alexandre Mascagni (19,5%).

Saint-Laurent : ballotage difficile pour le maire sortant Henri Revel

A Saint-Laurent-du-Var où l'on aurait pu s'acheminer sur une "pentaculaire", deux fusions ont été enregistrées alors que le maire sortant, Henri Revel (UMP), avec 30,66% est en ballotage difficile : fusion des listes Revel et Moschetti (8,4%) d'un côté et de l'autre des listes de Joseph Ségura, DVD, (23,39%) et Françoise Benne (10,44%), face au candidat FN Lionel Prados (17.08% au 1er tour).

Biot : l'avenir s'est assombri pour Jean-Pierre Dermit

A Biot, commune de la CASA, le maire sortant Jean-Pierre Dermit (UMP) qui était arrivé premier d'une courte tête avec 42,30% devant Guilaine Debras (SE, 39,55%) a vu son avenir s'assombrir depuis mardi. La liste Debras a en effet fusionné avec celle de Guy Anastile (SE, 18,15%), ce qui, mathématiquement, le laisserait loin derrière à l'arrivée du second tour.

Les fusions dans le pays Vençois

Des fusions ont également été enregistrées dans trois communes du pays vençois : listes Dombreval (20,14%) et Sattonet (19,91%) à Vence dans une triangulaire face au maire sortant Régis Lebigre (28,28%); listes Truglio (31.82%) et Renoux (27.65%) à Gattières face à Pascale Guit; listes Gérard Nirascou, ancien maire (35,97%) et Jean-Marie Thorel (14,35%) à Saint-Jeannet, face au maire sortant Jean-Michel Semperé (40,79%). Là aussi, les résultats suivront-ils la simple mathématique ?


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