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Projet Open Sky à Sophia : Jean Leonetti dit non à un moratoire

Dans une lettre ouverte, Jean Leonetti, président de la Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis répond au collectif MySophiantipolis qui lui avait demandé un moratoire sur le projet de "centre commercial géant OpenSky". Un moratoire qu'il juge juridiquement impossible pour un projet qui rentre dans la stratégie de développement de la technopole et dont la partie commerce a été revue déjà à la baisse.

Pas de moratoire sur le projet Open Sky à l'entrée ouest de Sophia Antipolis, sur le territoire de Valbonne. Dans une lettre ouverte diffusée hier, Jean Leonetti, président de la CASA (Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis) a répondu sans ambages à la lettre ouverte que le collectif MySophiantipolis lui avait adressée le 21 décembre dernier, à propos du "centre commercial géant OpenSky" dont les travaux de construction venaient de commencer. Une lettre ouverte écrite dans la foulée d'une pétition, qui avait sur le même thème d'un rejet du projet, recueilli 15.000 signatures.

Un moratoire juridiquement impossible

Alors que conformément à la loi, la CASA exercera pleinement sa compétence sur les "Zones d’Activités Economiques", le président de la communauté a tenu à faire le point sur les projets de développement économiques de Sophia Antipolis, et en particulier Open Sky. Première donnée : ce moratoire, pour Jean Leonetti est "impossible juridiquement".

Il s'en explique. "La Ville de Valbonne a, en tant que maitre d’ouvrage de la ZAC des Clausonnes, secteur identifié comme secteur à vocation économique et commerciale, proposé un projet d’environ 150 000 m² de plancher, séparés en deux secteurs : "Open Sky" pour environ 100 000 m², et le secteur 2 composé d’environ 50 000 m² de bureaux ou d’activités artisanales ou semi industrielles."

"La Ville de Valbonne a alors mené toutes les démarches règlementaires nécessaires à l’élaboration de ce projet : enquêtes publiques, passage en Commission Départementale d’Action Commerciale (obtenue à l’unanimité), dossier Loi sur l’eau, obtention puis mise en œuvre d’une Déclaration d’Utilité Publique, etc… Elle a délivré le permis de construire pour ce programme le 4 novembre 2016."

"Toutes ces démarches sont désormais purgées de tout recours". Et d'ajouter qu'"il est donc tout à fait surprenant que l’on sollicite la CASA pour un moratoire sur un projet connu depuis plusieurs années, après la purge de tous les recours et qui n’a suscité à l’époque aucune contestation", un dernier point (aucune contestation à l'époque ?) sur lequel les opposants risquent de ne pas être d'accord.

Un projet structurant identifié dans la stratégie "Sophia 2030"

Dans sa lettre, Jean Leonetti replace ce projet dans le contexte plus général du développement de Sophia Antipolis, sur un principe d’aménagement de 2/3 d’espaces verts et d’1/3 d’espaces minéralisés. Il rappelle que, dans la stratégie "Sophia 2030" élaborée en 2009, " l’aménagement des Clausonnes faisait partie, avec les autres zones desservies par le bus-tram, des projets structurants identifiés et devant être menés à bien, notamment en raison de sa situation d’entrée de Sophia particulièrement peu attractive, due à la présence de nombreux bâtiments désaffectés et d’activité polluante dans un site ne disposant de quasiment aucun espace vert."

Devenu maitre d’ouvrage de la ZAC des Clausonnes en 2017, la CASA a alors "sollicité la modification du programme "Open Sky", afin de réduire significativement sa part commerciale et d’améliorer encore son environnement. Les discussions avec l’opérateur sont positives en la matière, et ce projet, véritable lieu de vie, accueillera désormais en remplacement des surfaces ainsi gagnées, un complexe de type "palais de la découverte du numérique" accessible à tous."

350.000 m2 de surface de plancher de moins par rapport aux plans de 2009

Le président de la CASA rappelle aussi avoir "amendé la stratégie Sophia 2030" avec "plus de 350.000 m² de surface de plancher en réduction par rapport aux projets de 2009" et réalisé des investissements majeurs dans les infrastructures.

Parmi les programmes réduits :

  • 40 000 m² vont être construits aux 3 Moulins (Ecotone, composé strictement de bureaux) au lieu des 150 000 m² prévus
  • 20 000 à 25 000 m² vont être construits au Fugueiret au lieu des 150 000 m² prévus dans le cadre du programme de la "Cité du savoir" (siège de la CASA, business Pôle..)
  • Abandon, en accord avec la Ville de Valbonne et du Préfet, du projet d’aménagement prévu historiquement aux Cistes au profit de son classement en zone naturelle (85 000 m² de surface de plancher) et de Font de l’Orme 2, (entre 25 000 et 50 000 m² de surface de plancher) au regard de son intérêt écologique essentiel.

Parmi les investissements cités :

  • Bus-tram pour plus de 170 millions € avec mise en œuvre partielle fin 2019 ;
  • Infrastructures routières dans le secteur des Clausonnes représentant environ 30 millions € (dont plus de 21 pris en charge par l’opérateur) ;
  • Développement des pistes cyclables et promotion et développement du covoiturage pour environ 3 millions € ;
  • Mise en place de plate-forme intermodales

Sophia : un succès qui se doit d'être accompagné

Dans cette lettre ouverte on trouvera également, sur le terrain des implantations commerciales sur le territoire des Alpes-Maritimes, une petite pique adressée à certains élus de l'ouest du département qui renâclent à la réalisation d'Open Sky avec un rappel qu'en 20 ans, des surfaces commerciales se sont implantées à l’Ouest du département (plus de 90 000 m² à Cannes / Mandelieu, 36 000 m² à l’échangeur Cannes / Le Cannet), sans oublier bien sûr à l'est, au sein de la Métropole de Nice, les 150 000 m² à Cap 3000, et les 70.000 m² à Polygone Riviera, deux chantiers commerciaux majeurs.

Pour finir, Sophia a du succès. C'est indéniable avec 10.000 emplois créés dans les dernières 10 années, de belles perspectives qui s'ouvrent autour entre autres de l'Intelligence Artificielle et quelques projets exceptionnels comme Ecotone dans la zone des Trois Moulins. Vient d'ailleurs le confirmer le chiffre des surfaces de bureaux commercialisées en 2018 avec un record de plus de 42.000 m2 (autour de 25.000 m2 en moyenne annuelle, soit près du double!). " En 2019, à l’heure des 50 ans de la technopole, le projet de Sophia Antipolis s’inscrit dans une ambition forte et un développement maîtrisé et accompagné. Je souhaite par conséquent que cette démarche responsable et transparente soit suivie sur l’ensemble de notre territoire", conclut Jean Leonetti.


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