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Renault à Sophia : la technopole entre dans la révolution automobile

Une inauguration qui tient lieu de symbole : Renault Software Labs prend le relais d'Intel à Sophia Antipolis et annonce l'accélération de sa course dans la digitalisation de l'automobile. Pour la technopole, l'occasion de développer un pôle automotive fort autour du logiciel embarqué.

C'était la (bonne) surprise de mai dernier ! Le groupe Renault annonçait la reprise des centres de R&D français d'Intel, ceux de Sophia et de Toulouse (environ 400 ingénieurs de haut niveau dont 160 dans la technopole). Avec l'inauguration du nouveau Renault Software Labs lundi à Sophia, dans les anciens locaux d'Intel, la surprise est devenue un véritable symbole : celui de la révolution en cours de l'automobile où le numérique et tout particulièrement le logiciel tiennent désormais un rôle majeur.

Un véhicule représente cent millions de lignes de code

A l'occasion de cette inauguration à laquelle participaient ses futurs partenaires de l'écosystème azuréen, Renault a pu confirmer sa stratégie. Elle est simple. Pour Alexandre Corjon, président de Renault Software Labs et vice-président Alliance Global, toutes les innovations dans l'automobile sont aujourd'hui portées par le logiciel. Il fallait donc pouvoir répondre sur ce terrain aux nouveaux entrants venus du monde du numérique et notamment les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) qui ont affiché leurs ambitions dans l'automobile et la mobilité en général.

Un problème complexe. Un véhicule comme l'a expliqué Alexandre Corjon représente cent millions de lignes de code. Mais dans les années 2020, la moitié de sa valeur sera portée par cette partie logicielle (25% aujourd'hui). Aussi les constructeurs automobiles, sous menace de disparition, ne peuvent plus se contenter de déléguer à des sous-traitants. Il s'agit désormais d'avoir la main sur le code. A eux de prendre cette partie en direct et de la maîtriser pour mieux innover et l'adapter à leurs gammes de véhicules, leurs marchés et leurs clients.

3 à 5 ans de gagnés dans la course à la digitalisation

Autant de compétences qu'ils n'ont pas eu l'occasion de développer. D'où l'intérêt de Renault pour le bloc de compétences dont Intel voulait se dégager en France. Une acquisition qui lui permettra de gagner de trois à cinq ans dans la capacité à maîtriser le logiciel avec la possibilité d'en faire bénéficier toute l'alliance.

"Il y a un vrai projet industriel, note Alexandre Corjon. L'opportunité qui se présentait entrait dans un plan stratégique présenté à Carlos Ghosn plus de deux ans auparavant. Nous avons eu beaucoup de réunions techniques pour juger de la validité du rachat et notre vraie fierté, c'est que notre offre ait été acceptée par les salariés d'Intel."

Sophia travaillera sur la voiture autonome

A Sophia, c'est dans un des bâtiments d'Intel, celui de la route des Crêtes (3.200m2), que les équipes du logiciel ont été regroupées et que le matériel a été transporté (Intel disposait notamment dans son autre bâtiment, le Navigator, de remarquables salles anéchoïdes). Spécialisées dans le logiciel embarquées, les équipes sophipolitaines dirigées par Bruno Bocaert, travailleront principalement sur l'aspect véhicule autonome et l'assistance à la conduite. Toulouse s'occupera plus particulièrement de l'aspect véhicule et services connectés.

En tant que directeur des sites français d'Intel et aujourd'hui directeur général de Renault Software Labs, Thierry Cammal aura été l'un des principaux artisans de ce transfert. Il est enthousiasmé par ce nouveau défi qui se présente à ses équipes : celui de la digitalisation de la voiture. "Nous appliquerons notre savoir-faire dans ce domaine pour de nouvelles applications dans les véhicules et de nouvelles solutions logicielles."

La naissance d'un pôle automotive autour du logiciel embarqué

Les perspectives ? Pour Alexandre Corjon, il s'agit en premier lieu de réussir l'intégration. Renault compte aussi beaucoup travailler avec l'écosystème local. S'il n'y a pas eu de noms d'avancés, la présence lors de l'inauguration d'Inria, du Leat, d'I3S, d'EURECOM, de l'Adème, de l'UCA (Université Côte d'Azur) pouvait donner une idée des partenariats recherchés.

Quant aux élus locaux, ils se sont évidemment réjouis d'une arrivée qui soulignait une fois de plus les capacités de résilience de la technopole. "C'est une cellule qui se regénère en permanence", a rappelé Jean Leonetti, président de la CASA, tandis que le sénateur Marc Daunis, insistait sur la naissance d'un vrai pôle automotive autour du logiciel embarqué. Un pôle déjà formé avec Toyota, Bosch, Magneti-Marelli, Visteon, Hitachi (merci au lecteur qui nous l'a rappelé) et auquel Renault donne une véritable impulsion alors que d'autres arrivées sont en transaction. Sophia, c'est ce qui se dessine, vient d'embrayer dans la grande révolution de l'automobile.

De gauche à droite Thierry Cammal, directeur général de Renault Software Labs, Alexandre Corjon, président et Bruno Bocaert, directeur du site de Sophia.

Le traditionnel "couper de ruban" entre deux voitures Renault (Espace et nouvelle Kaleos) en présence des membres de la communauté numérique azuréenne et des élus dont Eric Pauget, député, Jean Leonetti, président de la CASA et Marc Daunis, sénateur.


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