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Stratobus ouvre à Cannes un nouveau marché de l'espace

Lancé officiellement hier dans les locaux de Thales Alenia Space, le projet Stratobus ouvre le nouveau marché des HAPS (High Altitude Pseudo Satellite). Entre drone et satellite, ce dirigeable high tech se place en stationnaire à 20 km d'altitude pour assurer des missions d'observation, de surveillance et de télécommunications. Un formidable challenge technologique.

Stratobus décolle ! Le lancement officiel de ce projet de Recherche et Développement s'est joué hier sur le site cannois de Thales Alenia Space. Ce dirigeable stratosphérique autonome (dessin ci-dessus, crédit Thales Alenia Space) vient en effet d’être conventionné par le CGI/PIA à hauteur de 17 M€. Un financement qui couvre la phase de mise au point des technologies clés pour une durée de 24 mois et se conclura par la réalisation d’un démonstrateur à l'horizon 2018. Le projet ayant été labellisé par quatre régions, d’autres financements régionaux complémentaires à hauteur d’environ 3 M€ sont également attendus.

Ce que permettra Stratobus ? Placé en stationnaire à une altitude de 20 km, il aura un champ de vision de 500 km à la ronde. Le Stratobus pourra ainsi embarquer des missions de type surveillance des frontières, de sites critiques sur terre comme sur mer (vidéo protection des plates-formes offshore), de la sécurité militaire (lutte contre le terrorisme, les trafics de stupéfiant), mais aussi de contrôle environnemental (feux de forêts, érosion des plages, pollutions …) et télécommunications (internet, 5G).

Cet engin high tech, qui pour sa réalisation nécessitera de nombreuses prouesses technologiques, va aussi ouvrir un nouveau marché : celui des HAPS (High Altitude Pseudo Satellite). "Evalué à 1 Md$ d’ici à 2020, ce marché attend son produit, et avec un horizon à 500 km, nous sommes convaincus que le Stratobus y prendra une grande part" déclare Jean-Loic Galle, Pdg de Thales Alenia Space. Pour Jean-Philippe Chessel, Chef du Projet Stratobus chez Thales Alenia Space, "à mi-chemin entre drone et satellite, produit low cost avec une couverture régionale permanente, le Stratobus est le complément idéal d’une solution par satellite. Uniquement alimenté en énergie solaire et embarquant des technologies propres, il a une empreinte carbone très faible, bien inférieure à celle d’un petit avion de tourisme".

Hier, en préambule à ce démarrage, les premiers contrats entre d’une part Thales Alenia Space avec ses partenaires français du programme, et Bpifrance d’autre part, ont été signés. La société CNIM (Construction Navale Industrielle de la Méditerranée) réalisera la structure équipée, l’anneau et la nacelle, Solutions F la propulsion électrique, Airstar Aerospace l’enveloppe équipée, et Tronico-Alcen le conditionnement de l’énergie à bord. Aux partenaires français se joignent Cmr- Prototec (Norvège) pour le stockage de l’énergie à bord et MMIST (Canada) pour le parachute de sauvegarde. Thales Alenia Space, chef de file du projet a en charge le système, l’avionique, les générateurs solaires et la certification de l’aéronef.

Le Stratobus sera placé à une altitude de 20 kilomètres au-dessus de son théâtre d’opérations, en couche basse de la stratosphère offrant une densité de l’air suffisante à la portance du ballon. A cette altitude, les vents sont modérés et stables sur toute la zone terrestre située entre les tropiques, autour de 90 km/h maximum, permettant de se maintenir en position stationnaire face au vent grâce à sa motorisation électrique. Après le lancement d’un démonstrateur en 2018, le programme vise à un premier vol de qualification et de certification en 2020. "De nombreux prospects ont d’ores et déjà été identifiés et le retour sur investissement sera réalisé en moins de trois ans à compter de sa commercialisation", assure aussi Thales Alenia Space. Le pari est désormais lancé!


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