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Thales Alenia Space suspendu à la réunion de vendredi avec le Pdg

Le bras de fer engagé vendredi dernier autour des salaires n'est pas terminé à Cannes-La Bocca. Suite à une action en justice, l'accès aux réservoirs d'azote liquide a été dégagé. Mais les salariés attendent maintenant le résultat d'une rencontre avec le Pdg, Reynald Seznec, demain vendredi au siège de Thales à Neuilly, pour décider de la poursuite ou non de leur action.

Le mouvement social engagé vendredi autour des salaires se poursuit chez Thales Alenia Space à Cannes (2.000 salariés) et également à Toulouse (2.300 salariés). Mais en attendant le résultat de deux réunions de négociation (cet après-midi jeudi avec une visio conférence pour préparer une réunion "physique" qui aura lieu demain vendredi à Neuilly au siège de Thales avec Reynald Seznec, le Pdg de Thales Alenia Space), les salariés de Toulouse ont décidé de suspendre leur mouvement jusqu'à lundi. Les salariés de Cannes La Bocca qui rentraient en assemblée générale en fin de matinée pourraient de leur côté en faire de même.

L'accès à l'azote débloqué par voie juridique

Hier un nouvel épisode juridique est intervenu à Cannes dans ce conflit. Des délégués du personnel et des salariés bloquaient depuis lundi l'accès des réservoirs d'azote liquide avec une tente occupée jour et nuit. Une centaine de salariés, lors de l'assemblée générale de lundi (300 personnes sur les 900 présentes sur le site) s'était proposés pour se relayer dans la tente à raison de 2 heures chaque fois.

Une action dissuasive : cet azote est nécessaire pour les tests de résistance aux grands froids menés sur un satellite d'Eutelsat, ce qui pouvait entraîner un retard dans la livraison du satellite et de très lourdes pénalités pour TAS. Assignés en référé par la direction, une quinzaine de salariés et délégués syndicaux ont été convoqués hier dans la matinée au Tribunal de grande instance de Grasse et ont été mis en demeure de libérer immédiatement l'accès à l'azote sous réserve d'une astreinte de 150 euros par personne et par heure.

Hier soir, aussi, à l'arrivée de l'huissier, la tente a été déplacée et le camion d'azote a pu passer. En revanche, une seconde tente installée elle sur le bord de mer a été déclarée légale et reste donc en place. Les salariés réclament une augmentation des salaires de 3% et estiment que les propositions faites par la direction n'accordent que 2,2% au titre d'une année 2010 qui s'est, selon les syndicats, révélée exceptionnelle pour les commandes et l'activité.

L'an dernier, le bras de fer pour les salaires avait été marqué par une occupation de 3 semaines du bureau du directeur du site de TAS à Cannes La Bocca. Les salariés à l'issue des négociations avaient obtenu gain de cause. Mais, explique Philippe Samson, secrétaire du CE de TAS, "parmi les six mesures obtenues, certaines se sont révélées inapplicables. Nous avions eu aussi l'impression de nous être faits berner. C'est pour éviter de retomber dans un schéma identique qu'est organisée la réunion préparatoire de cet après-midi qui vise à "solidifier" les pistes envisagées."

 

Le tribunal, cadre du dialogue social ? s'interrogent des élus communistes

Dans un communiqué intitulé "Le tribunal, cadre du dialogue social ?", les élus communistes du Conseil général, Noël Albin, Francis Tujague et Jacques Victor ont fustigé ce recours à la justice pour "des questions et des conflits qui devraient se régler dans le cadre de négociations au sein des entreprises ou interprofessionnelles entre directions et représentants des salariés".

"Il y a manifestement une volonté commune, du pouvoir actuel comme du patronat, de déplacer ces enjeux du terrain social au terrain judiciaire. Voilà qui illustre à nos yeux une détérioration grave du climat social et l’espace démocratique dans notre pays avec une entreprise de criminalisation de toute contestation qu’elle soit sociale ou politique," écrivent-ils.

Et de conclure : "cette dérive s’applique également à de nombreux élus, dont nous sommes, qui s’opposent aux expulsions locatives, qui participent à des parrainages républicains pour des enfants sans-papiers et qui globalement s’évertuent à lutter contre la montée de l’arbitraire."

"À l’heure où dans le monde, l’actualité nous montre que plus que jamais la démocratie doit procéder de la volonté du peuple, nous n’entendons pas renoncer à ces combats et nous tenons à réaffirmer toute notre solidarité envers ceux qui refusent de se résigner et poursuivent leurs actions pour une société plus juste et plus équitable".


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