Cannes fait rouler ses premiers bus à l'hydrogène renouvelable
Une entrée dans l’ère de l’hydrogène pour Cannes-Lérins. L’agglomération a lancé vendredi ses nouveaux bus circulant avec un hydrogène décarboné, produit sur place par la station “Cannes Lérins Hydrogène” à partir d’énergies renouvelables et d’eaux usées traitées. L’avantage : 15 mn de recharge pour une autonomie allant jusqu’à 400 km.
L’Agglomération Cannes Lérins franchit une nouvelle étape dans la transition énergétique de son réseau Palm Bus avec la mise en service des premiers bus à hydrogène renouvelable. L’opération a été lancée vendredi dernier par David Lisnard, président de l’Agglomération et maire de Cannes, et Christelle Rouillé, directrice générale d’Hynamics (groupe EDF). Au cœur du dispositif : “Cannes Lérins Hydrogène”, la première station urbaine de production d’hydrogène renouvelable par électrolyse de l’eau de la région PACA, un projet mené avec la Banque des Territoires et la SEM Green Energy 06. (Photo DR / un bus du réseau Palm Bus à la station de recharge de La Bocca : 15 mn pour recharger et une autonomie jusqu’à 400 km).
Quatorze premiers bus à hydrogène vont être déployés dans les prochaines semaines sur les lignes A, B, 1 et 2 du réseau Palm Bus. À terme, 41 véhicules seront alimentés par cette énergie produite localement. Selon l’Agglomération, le dispositif permettra d’éviter environ 3 228 tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent de 1 700 voitures retirées de la circulation. L’hydrogène présente aussi des avantages opérationnels pour le transport public : une autonomie supérieure à 300 kilomètres, un temps de recharge d’environ quinze minutes et un fonctionnement plus silencieux que les motorisations thermiques. Le confort du gasoil retrouvé, associé à l’absence d’émission CO2 et au silence de l’électrique.
L’originalité du projet cannois réside tout particulièrement dans sa chaîne de production. L’hydrogène n’est pas importé : il est fabriqué sur place par électrolyse grâce à une électricité bas carbone. L’eau utilisée provient des eaux usées traitées de la station d’épuration Aquaviva, ce qui réduit l’impact environnemental du processus et renforce l’autonomie énergétique du territoire. “Cette nouvelle source d’énergie propre contribue à la décarbonation de notre réseau de transport public Palm Bus et pérennise notre approvisionnement puisqu’elle est produite sur place à partir de nos eaux d’égout traitées”, souligne David Lisnard.
Le projet à un coût : plus de 15 M€ pour la station de production, auxquels s’ajoutent 35 M€ pour l’acquisition des bus. Il bénéficie du soutien de l’ADEME, de l’Union européenne, de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de plusieurs partenaires publics. Mais au-delà de la seule mobilité locale, cette initiative positionne Cannes comme un laboratoire territorial de la décarbonation, combinant production locale d’énergie, réduction des émissions et modernisation des transports collectifs.