Nice : l'aéroport veut devenir un pionnier européen du taxi aérien électrique
Aux côtés de Blade, Heli Sécurité et Monacair, l’aéroport Nice Côte d’Azur prépare l'arrivée des premiers eVTOL commerciaux sur la Riviera. Il a présenté ainsi fin juin la maquette grandeur nature du taxi aérien électrique Joby. Reste encore à attendre la certification de ces nouveaux appareils.
L'Aéroport Nice Côte d'Azur a présenté fin juin la maquette grandeur nature du taxi aérien électrique Joby, marquant une nouvelle étape dans sa stratégie de "laboratoire de l'aéroport de demain". Aux côtés de trois partenaires, Blade, Heli Sécurité et Monacair, la plateforme azuréenne ambitionne de figurer parmi les tout premiers sites européens à accueillir des vols commerciaux eVTOL (Electric Vertical Take-Off and Landing), cette nouvelle génération d'appareils décarbonés et à faible nuisance sonore. Il ne s'agit pas, à ce stade, d'un lancement immédiat de lignes commerciales, mais d'une phase de préparation opérationnelle, réglementaire et infrastructurelle, dans l'attente des certifications européennes et françaises. (Photo DR : lors de la présentation de la maquette à l’aéroport Nice Côte d’Azur en présence de Franck Goldnadel, président des Aéroports de la Côte d’Azur et de JoeBen Bevirt, fondateur et PDG de Joby).
Le choix de Nice ne doit rien au hasard. Le marché du transport de passagers par hélicoptère y est solidement implanté depuis plus de cinquante ans, répondant à une demande de mobilité rapide vers Monaco, Cannes ou Saint-Tropez pour une clientèle internationale. La situation en bord de mer de l'aéroport permet en outre des trajectoires de vol évitant largement les zones habitées, un atout décisif pour limiter les nuisances et faciliter l'acceptabilité de cette nouvelle mobilité. Pour Franck Goldnadel, Président du Directoire des Aéroports de la Côte d'Azur, cette ambition s'inscrit dans une volonté de "maintenir l'attractivité et la connectivité du territoire" tout en réduisant les émissions de CO2 et les nuisances sonores liées au trafic aérien.
Cette stratégie repose sur une alliance entre trois acteurs complémentaires. Heli Sécurité assure aujourd'hui les liaisons commerciales entre Nice et Monaco, tandis que Monacair, opérateur historique de la Principauté, apporte son expérience du transport aérien premium sur le marché monégasque. Blade, marque de mobilité aérienne du groupe américain Joby Aviation, joue quant à elle le rôle de trait d'union entre les opérations actuelles à l'hélicoptère et le déploiement progressif des futurs taxis aériens électriques, ayant déjà repris les activités commerciales des deux opérateurs locaux pour préparer cette transition. JoeBen Bevirt, fondateur et PDG de Joby, a salué l'aéroport niçois comme un modèle dans la préparation des infrastructures à cette nouvelle ère de l'aviation.
Si le discours autour de "l'arrivée des premiers vols commerciaux eVTOL en Europe" affiche une réelle ambition, les délais réels restent conditionnés à la certification des appareils. Plusieurs estimations récentes du marché évoquent un début d'exploitation commerciale vers 2028 aux États-Unis et 2029 dans l'Union européenne, ce qui place la Côte d'Azur davantage dans une logique d'anticipation que de mise en service à court terme.
Au-delà de l'aspect technologique, l'enjeu est aussi d'ordre économique et d'image pour le territoire : remplacer une partie des vols hélicoptères premium par une offre plus silencieuse et sans émission directe de CO2 en vol pourrait renforcer l'acceptabilité de ce type de transport sur un corridor déjà très fréquenté entre l'aéroport, Monaco et les stations du littoral. Cela d'autant plus que le mouvement de contestation de l'aérien s'est cristallisé autour de l'extension du Terminal 2. En misant sur cette alliance locale, Nice entend d'autre part consolider son statut de laboratoire européen de la mobilité aérienne avancée, en s'appuyant sur un réseau opérationnel déjà éprouvé et une vision partagée d'une aviation plus durable.