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Regard franco-américain sur l'éducation : suivre ses études à Harvard, Columbia, Stanford, MIT...

L’ère du pouvoir de la "marque" (Harvard, Columbia, Stanford, MIT, Oxford…) dans l’éducation ne fait que commencer expliquent Sandrine et Maxime Crener dans leur chronique de cette semaine sur la sélection et le coût des grandes universités américaines. En résumé : une ultra sélection, la gratuité pour les très bons élèves du secondaire qui n'ont pas les moyens, et des coûts élevés pour les autres (de l'ordre de 60.000 dollars pour frais de scolarité, logement et nourriture).

Pour un Français(e), suivre ses études dans une prestigieuse université américaine, c'est possible. Mais pas facile. Il faut vraiment compter parmi les meilleurs. Alors que commencent à être publiées les listes des admis, Sandrine et Maxime Créner, dans leur chronique "Regard franco-américain sur l'éducation" de cette semaine, ont mis en perspective ce qu'est une admission dans une grande université américaine pour un jeune bachelier français. Ils se sont notamment intéressés à la sélection et au coût. Voici leur texte.

L’admission dans les grandes universités américaines : sélection et coût

Lors de la dernière rencontre trimestrielle des parents de l’Ecole Internationale de Boston (ISB) les discussions allaient bon train sur les admissions des universités américaines et canadiennes. Celles-ci ont commencé à publier les listes des admis et les élèves ont 1 a 2 mois pour donner leur réponse définitive. L’année dernière à la même époque un jeune homme du Lycée Albert I de Monaco était ravi d’avoir été accepté à Harvard ! Mettons en perspective ce qu’est une admission dans une grande université américaine pour un jeune bachelier français.

Ainsi cette semaine Harvard vient tout juste d’annoncer que sur un total de 37.307 dossiers de candidature reçus le "Harvard College" (un Bachelor de 4 ans) a accepté 1.990 candidats, c’est à dire environ 5% !

La provenance géographique de ces futurs étudiants est la suivante : 22% des états de la côte Atlantique, 21% de l’Ouest, 18% du Sud, 17% de la Nouvelle Angleterre, 11% du Midwest et 11% de l’étranger. Notons également que 52% des admis sont des hommes, reflétant le fait que plus d’hommes que des femmes ont fait acte de candidature. Les Asiatiques représentent 21% des admis, les Latinos 13.3% et les Noirs 12.1%.

Le choix disciplinaire des futurs étudiants est le suivant :

Sciences Sociales 26%, Humanités 15%, Computer Science 6%, Sciences Biologiques 19.6%, Ingénierie 12.2%, Sciences Physiques 7%, Mathématiques 6.4% et les indécis7.8%.

Selon Marlyn E. McGrath, directrice des admissions du Harvard College, le pool de candidats de cette année est réellement exceptionnel aussi bien par les notes obtenues au cours du secondaire que par le résultat aux tests d’entrée. Ainsi parmi les candidats on compte 3.200 premiers de classe, 13.500 ayant eu 700 ou plus au SAT* (analyse critique), 16.100 ayant eu 700 ou plus au SAT (mathématiques) et 13.900 ayant eu 700 ou plus au SAT (écriture). Avoir 2.100 ou plus avec les 3 composantes du test SAT indique d’être dans le dans le top 4%. En plus des résultats académiques exceptionnels la nouvelle cohorte des admis présente des qualités rares dans des disciplines diverses et variées comme la musique, l’astrophysique, les arts…

Depuis plusieurs années, Harvard College déploie un travail colossal pour dénicher les meilleurs talents de la nation et diversifier l’origine de ses étudiants. Tous les ans les responsables des admissions visitent les 50 états américains, vont à la rencontre de 50.000 jeunes lycéens et leurs parents, et vont s’entretenir chaque année avec plus de 3.000 conseillers d’éducation dans 125 villes. De surcroit il y a environ 40.000 lycéens qui viennent sur place pour visiter le campus, assister à un cours et s’entretenir avec les professeurs et les étudiants.

L’Université, qui rappelons-le est la plus riche du monde, (voir la note de décembre, "De la puissance financière d'Harvard University!") a mis en place un système de bourses et de financement très compétitif. Le coût de la scolarité ne doit pas être un frein au recrutement. Une année d’études avec logement et nourriture coûte environ 60.500 dollars mais l’Université sait se montrer très généreuse pour ses brillants étudiants. Ainsi si les revenus des parents ne dépassent pas le seuil de 65.000 dollars la scolarité, le logement et la nourriture sont gratuits ! Pour toute famille admissible à l’aide financière (revenus inférieurs à 150.000 dollars par an) les frais de scolarité seront plafonnés a 10% de leurs revenus ! Pour la cohorte de cette année plus de la moitié des admis vont bénéficier d’une aide financière et ne dépenseront pas plus de 12.000 dollars en moyenne pour chacune des 4 années d’études au College.

Dans l’ouest du pays, à l’Université Stanford en Californie, les choses sont assez semblables. Ainsi la "Class de 2019" sera composée de 2.144 admis sur un total de 42.487 candidats en provenance des 50 états américains et de 77 pays. Tout étudiant qui accepte l’admission à Stanford et dont les revenus des parents sont inférieurs à 65.000 dollars ne paie rien, comme à Harvard. Si les revenus par contre sont inférieurs à 125.000 dollars le futur étudiant paiera seulement les frais de logement et nourriture mais pas les frais de scolarité.

Toutes les grandes Universités américaines proposent des politiques similaires pour les très bons élèves du secondaire n’ayant pas de ressources suffisantes pour entamer des études supérieures.

Cependant cette situation au sein des universités d’élite contraste fortement avec la réalité vécue par la plupart des étudiants américains qui doivent s’endetter pour financer leurs études. Si les très bons élèves et les sportifs de haut niveau reçoivent des bourses généreuses, les autres n’ont d’autre recours que les ressources de leurs familles ou la dette. En moyenne la dette par étudiant en fin du Bachelor de 4 ans s’élève à 29.400 dollars, et 71% de tous les diplômés sont endettés.

Ce système n’est viable que si les diplômés sont capables de trouver un travail bien rémunéré à la fin de leurs études, ce qui s’est avéré très difficile pendant ces dernières années de crise et de croissance ralentie. Qu’on le souhaite ou qu’on le déplore, l’écart entre les meilleures universités et les autres continue à se creuser et renforcera d’autant plus l’aura et l’attractivité de ces institutions d’élite.

L’ère du pouvoir de la "marque" (Harvard, Columbia, Stanford, MIT, Oxford…) dans l’éducation ne fait que commencer."

  • *SAT pour Scholastic Assessment Test introduit pour la première fois en 1926

Sandrine et Maxime Crener

  • Voir les autres articles de la chronique "Regard franco-américain sur l'éducation : Tag Regard  education

Sandrine et Maxime Crener : l'axe Boston-Côte d'Azur

Maxime Crener a dirigé le Ceram à Sophia et développé l'Université Internationale de Monaco. Son épouse, Sandrine, est Research Associate à la Harvard Business School. Tous deux, installés depuis cinq ans à Boston, ont gardé un pied sur la Côte d'Azur. Ils sont aussi souvent appelés par des amis azuréens ou monégasques inquiets pour l'avenir de leurs enfants. D'où l'idée de cette rubrique hebdomadaire sur les problèmes actuels de l'éducation avec un point de vue posé des deux côtés de l'Atlantique.


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