Nice : l’élection de Pierre Ippolito invalidée par le tribunal administratif
Le juge électoral a estimé que le quatrième adjoint d’Éric Ciotti, chef d’entreprise lié par des contrats aux collectivités niçoises, était inéligible en tant qu’"entrepreneur de services municipaux". Le scrutin de mars est en revanche validé, et l’intéressé entend saisir le Conseil d’État.
Le tribunal administratif de Nice a annulé, aujourd’hui, vendredi 9 octobre, l’élection de Pierre Ippolito, quatrième adjoint au maire de Nice délégué aux entreprises, au commerce, au développement économique et à l’enseignement supérieur, et troisième vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur. Saisis par le préfet des Alpes-Maritimes et par Marc Concas, ancien adjoint de Christian Estrosi, les juges ont considéré que le président de la holding Ippolito Trucks relevait de la qualification d’”entrepreneur de services municipaux” prévue par l’article L. 231 du code électoral, qui rend inéligibles les dirigeants d’entreprises liées par des contrats réguliers à la commune, même lorsqu’elles ne gèrent pas directement un service public. (Photo DR).
Le préfet avait recensé treize contrats entre les sociétés du groupe et la Ville, la Métropole et la régie Ligne d’Azur, dont la fourniture de camions de collecte des déchets ou de chars du Carnaval, quand l’avocat de l’élu soutenait qu’il n’était qu’un fournisseur de matériel et de maintenance. Le tribunal a en revanche rejeté la demande de Juliette Chesnel-Le Roux, tête de liste de “Unis pour Nice”, qui visait à faire annuler l’ensemble du scrutin. La question de l’éligibilité de Pierre Ippolito, ancien président de l’UPE 06, avait déjà surgi pendant la campagne, le préfet ayant refusé en février d’enregistrer la liste d’Éric Ciotti, avant que le tribunal n’annule ce refus sans se prononcer sur le fond.
L’histoire n’est pas terminée pour autant. Pierre Ippolito dispose d’un mois à compter de la notification du jugement pour faire appel devant le Conseil d’État, ce qu’il a annoncé, et devrait rester en fonctions jusqu’à la décision définitive. Si l’annulation était confirmée, Jean-Marie Benguettat, premier non-élu de la liste d’Éric Ciotti, ferait son entrée au conseil municipal, et Alexandre Saradjian au conseil métropolitain, parité oblige. Dans l’opposition, le groupe Tous pour Nice de Philippe Pradal a salué l’engagement de l’entrepreneur au service de l’économie azuréenne, mais reproche aux responsables de la liste d’avoir accepté un risque juridique connu : “Ce n’est pas l’engagement de Pierre Ippolito qui est en cause. C’est la manière dont sa candidature a été préparée.”