Conjoncture : parfums et hôtellerie en hausse, commerce et BTP en berne
Comment se porte l’économie azuréenne ? Selon le bilan présenté aujourd’hui par la CCI Nice Côte d’Azur, l’activité des entreprises a progressé à petite vitesse au premier semestre 2026 (+0,5%), avec un emploi stable. L’industrie, les services et l’hôtellerie soutiennent l’économie départementale, tandis que le commerce et la construction peinent. La transmission des entreprises s’impose également comme un enjeu majeur à venir.
Alors que les colères débordent dans la rue, que le poids de la dette écrase les finances publiques et qu’en approche de la présidentielle le tableau de l’économie française se noircit, comment vont les Alpes-Maritimes ? Des éléments de réponses concrets dans l’enquête de conjoncture de la CCI Nice Côte d’Azur qui porte sur le 1er semestre 2026 et qui a été présentée aujourd’hui au palais consulaire. Réalisée auprès de près de 1 000 entreprises des Alpes-Maritimes, dont 90% comptent moins de dix salariés, elle montre que l’économie azuréenne a continué à avancer même si c’est à petit pas. Elle fait apparaître en effet une hausse du chiffre d’affaires de 0,5% au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025, tandis que l’emploi permanent reste stable. (Photo DR).
Trois grands secteurs affichent une progression de 1,5%
Tous les secteurs cependant ne vont pas au même pas. Derrière cette moyenne, trois grands secteurs affichent une progression de 1,5% : l’industrie, les services et les hôtels-cafés-restaurants. Le commerce recule, lui, de 1%, tandis que la construction perd 0,5%. Le principal enseignement de cette enquête tient aussi dans une résistance de l’activité, mais sans véritable accélération ni dynamique générale de création d’emplois.
Les moteurs restent bien identifiés. Dans l’industrie, les produits aromatiques et la chimie tirent les résultats, avec également une forte progression de l’électrique et de l’électronique. À l’inverse, les métaux reculent, en activité comme en effectifs. Les services aux entreprises, les transports et les services divers enregistrent également de bonnes performances, sans que cette croissance se traduise globalement par davantage d’emplois. Du côté du tourisme, l’hôtellerie soutient l’activité des hôtels-cafés-restaurants, dont les effectifs permanents progressent de 0,5%. La restauration reste toutefois stable : une fréquentation soutenue compense la baisse du ticket moyen, signe que les clients continuent de sortir tout en surveillant leurs dépenses.
Les difficultés se concentrent dans le commerce et le bâtiment
Les grossistes, particulièrement dans le non-alimentaire, subissent un recul marqué. Le commerce de détail résiste inégalement : l’équipement de la maison et les loisirs sont en retrait, alors que l’équipement de la personne et l’automobile progressent. Le pouvoir d’achat contraint et la concurrence d’internet continuent de peser sur les commerces de proximité. Dans la construction, le bon début d’année a laissé place à une nette dégradation au deuxième trimestre, notamment dans le bâtiment. Le gel de la commande publique, les retards de chantiers d’infrastructures de transport et le recul des mises en chantier de logements fragilisent le secteur, qui reste pessimiste pour les prochains mois.
Des contrastes qui se retrouvent dans les territoires
Ces contrastes se retrouvent dans les territoires. Antibes, Cannes, Nice et la Plaine du Var affichent chacun une croissance de 0,5% de leur chiffre d’affaires. Grasse et Menton reculent de 1,5% : dans le bassin grassois, la bonne tenue industrielle ne suffit pas à compenser les difficultés du commerce de gros ; dans le Mentonnais, la construction pèse davantage que les bons résultats touristiques. La Plaine du Var est le seul bassin où l’emploi progresse, de 0,5%. À la rentrée, les dirigeants restent plus confiants dans leur propre capacité à tenir que dans l’environnement économique : 58,5% se disent confiants pour leur entreprise, mais seulement 39% pour l’économie locale et 17% pour l’économie française et mondiale. Les prix de l’énergie, le pouvoir d’achat et les incertitudes politiques et budgétaires assombrissent les perspectives de fin d’année.
La CCI alerte sur le renouvellement des dirigeants
Au-delà de la conjoncture, la CCI alerte sur le renouvellement des dirigeants. Parmi ceux qui se sont prononcés sur leurs intentions, 35% envisagent de céder ou transmettre leur entreprise, dont 19% dans moins de deux ans. Le départ à la retraite constitue de loin la première motivation, cité par les trois quarts des répondants ayant exprimé un motif. Le potentiel est considérable : selon l’Observatoire Sirius, plus de 26 000 entreprises du département, représentant près de 110 000 emplois, ont un dirigeant âgé de 55 ans ou plus et sont donc potentiellement concernées par une transmission. Mais les obstacles demeurent : manque de repreneurs disponibles, financement de la reprise et difficulté à fixer la valeur de l’entreprise. Un enjeu de continuité économique auquel la CCI entend contribuer avec son Business Transfer Forum, organisé le 10 novembre pour rapprocher cédants et repreneurs.