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Cannes 2013 : La Vie d’Adèle, le coup de poing au cœur d’Abdellatif Kechiche

Abdellatif Kechiche a délivré un coup de poing au cœur des spectateurs du Festival de Cannes avec La Vie d’Adèle, une bouleversante histoire d’amour, que l’on vit du coup de foudre à la rupture, d’une lycéenne de 17 ans avec une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fera découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Le film est une grande réussite qui doit beaucoup à un épatant duo d’actrices avec une Léa Seydoux au charme magnétique, mais surtout Adèle Exarchopoulos qui livre une performance hallucinante.

"La Vie d'Adèle", une bouleversante histoire d'amour au féminin d'Abdellatif Kechiche (DR)

 Première venue à Cannes pour Abdellatif Kechiche qui était plutôt un habitué du Festival de Venise et surtout des César où deux de ses films, L’Esquive et La Graineet le mulet, trustèrent les récompenses dont celles de Meilleur Film et de Meilleur Réalisateur. Cette année, il débarque sur La Croisette avec La Vied’Adèle, un film librement adapté de la bande dessinée Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. La Vied’Adèle raconte l’histoire d’amour fusionnelle d’Adèle, une lycéenne de 17 ans qui ne se pose pas de question et pour qui une fille, ça sort avec des garçons, mais dont la vie va basculer lorsqu’elle croisera le regard d’Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fera découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Plus âgée qu’elle, Emma, qui finit les Beaux-Arts et aspire à être artiste peintre, lui apportera ce qu’elle a cru deviner dans ses premiers émois littéraires : une vie que l’art irrigue et enrichit. Pour autant, Adèle n’aspire pas à être artiste mais à une vocation chevillée au corps : elle souhaite être institutrice et est passionnée par la transmission du savoir aux jeunes enfants.  Une vocation pas très bien comprise par Emma qui trouve qu’Adèle manque d’ambition. Peu à peu, le bonheur entre les deux jeunes femmes se lézardera avant d’exploser, laissant Adèle dévastée par la douleur.

Un duo d’actrices épatant

Avec La Vied’Adèle, Abdellatif Kechiche nous livre un film bouleversant qui décoche un coup de poing au cœur des spectateurs. En près de trois heures, qui passent en un éclair, il parvient à capter la métamorphose d’une adolescente en femme et montre son affirmation de soi par le sexe en plongeant dans l’intimité d’un personnage fluctuant pour que l’on expérimente ses accidents et grandisse avec lui. Les scènes de sexe, parfois assez crues, sont filmées comme des tableaux ou des sculptures de façon à les rendre belles visuellement tout en gardant leur dimension charnelle. Mais à travers cette histoire d’amour, que l’on vit du coup de foudre à la rupture, il en profite pour aborder des questions passionnantes, notamment comment vit-on avec le regard des autres et comment assume-t-on ce que l’on est ? Le thème particulièrement d’actualité de l’homosexualité est traité sans jamais chercher à délivrer un message, mais en le filmant comme n’importe qu’elle histoire d’amour, avec toute la beauté que cela comprend.  Le film doit aussi beaucoup à la prestation d’un duo d’actrices épatant avec une Léa Seydoux au charme magnétique, mais surtout Adèle Exarchopoulos qui livre une performance hallucinante et est, avec Marine Vacht dans Jeune & Jolie de François Ozon, la révélation fracassante de ce Festival de Cannes 2013. Abdellatif Kechiche, qui a sous-titré La Vied’Adèle par Chapitre 1 et 2, envisage de faire une suite et voudrait même reprendre de manière récurrente le personnage d’Adèle à la manière de ce que François Truffaut a fait avec son Antoine Doinel incarné par Jean-Pierre Léaud. Si le résultat est à la hauteur de ces deux premiers chapitres qui ne devraient pas laisser indifférents les jurés du Festival de Cannes, on en redemande bien volontiers.      


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