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Cannes 2018 : Retour en pleine forme de Spike Lee avec Blackkklansman

Avec Blackkklansman projeté hier soir, Spike Lee a réussi un beau come-back au Festival de Cannes. A travers l’incroyable histoire d’un policier noir qui infiltre le Ku Klux Klan, le cinéaste nous livre un beau moment de cinéma qui est aussi une charge féroce contre Donald Trump et sa politique.

Retour très attendu de Spike Lee, hier soir au Festival de Cannes, 27 ans après sa dernière apparition en compétition avec Jungle Fever. Un retour en pleine forme avec Blackkklansman tiré d’une incroyable histoire vraie aux échos plus que jamais d’actualité, qui offre au cinéaste noir américain l’occasion  de dénoncer avec virulence, souvent avec humour mais parfois de manière un peu trop démonstrative, l’Amérique de Donald Trump.

Blackkklansmanraconte l’histoire de Ron Stallworth, un jeune afro-américain qui, au début des années 70, devient le premier officier noir du Colorado Springs Police Department. Après un passage aux archives, on lui demande d’infiltrer un meeting d’un ex-membre des Black Panthers. Il s’acquitte si bien de sa mission qu’il est affecté au service des Renseignements où, répondant à une petite annonce du Ku Klux Klan, il se fait passer pour un sympathisant et engage un processus d’adhésion. Avec l’un de ses collègues, juif de surcroit, qui se fait passer pour lui sur le terrain, ils vont parvenir à infiltrer jusqu’aux plus hautes sphères de cette organisation qui s’avoue ouvertement raciste, antisémite, prônant la suprématie de la race blanche et dont certains membres de la branche locale préparaient une action meurtrière que les deux flics vont chercher à déjouer.

Une charge féroce contre Donald Trump

Bien servi par son duo d’acteurs : John David Washington (le fils de Denzel Washington) et Adam Driver, Spike Lee relate cette folle histoire comme un polar enlevé, très souvent jubilatoire. Mais, de par la résonnance actuelle des idées propagées par le Klan, il en profite pour mettre en parallèle Donald Trump et sa politique d’America First. L’attaque devient carrément frontale à la fin du film où Spike Lee montre des images documentaires du rassemblement de factions racistes et suprémacistes à Charlottesville en août 2017. Un défilé dont les débordements provoquèrent la mort d’une jeune femme écrasée par la voiture d’un néo-nazi qui fonça dans la foule. Des débordements que le Président américain refusa de condamner expressément, estimant que parmi les manifestants d’extrême droite, il y avait beaucoup de « braves gens ».

Avec cet épilogue, le coté militant de Spike Lee prend le pas sur celui de cinéaste et, en étant manichéenne et trop démonstrative, il fait perdre de sa subtilité au film. Mais ne boudons pas notre plaisir car avec Blackkklansman, Spike Lee a tout de même réussi un beau come-back au Festival de Cannes.   


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