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Cannes 2019 : Almodovar en route vers la gloire ?

Avec Douleur et Gloire présenté hier en compétition au Festival de Cannes, Pedro Almodovar est repartie à la conquête d’une Palme d’Or qui lui a toujours échappée jusqu’ici. Une malédiction qui pourrait bien prendre fin cette année avec ce film magistral dans lequel le réalisateur a mis beaucoup de sa vie en se retournant sur son passé.

Depuis de nombreuses années Pedro Almodovar entretient une belle histoire d'amour avec le Festival de Cannes où ses films et ses actrices ont reçu plusieurs prix et dont il présida le jury en 2017. Une histoire qui a tout de même un goût d'inachevé puisque le cinéaste espagnol n'a jamais récolté la Palme d'or. Cette année, Almodovar repart à la conquête du Graal avec Douleur et Gloire présenté hier soir au Palais des Festivals.

Le film raconte l'histoire de Salvador Mallo, un réalisateur qui a connu le succès mais qui, dépressif et perclus de douleurs, s'est retiré du cinéma et fuit le regard des autres. La restauration par la cinémathèque de l'un de ses vieux films va lui donner l'occasion de retrouvailles avec l'acteur principal de ce dernier, avec qui il s'était brouillé il y a 30 ans car il lui reprochait de ne pas avoir tenu compte de ses indications lors du tournage.  Les deux hommes se réconcilieront et Salvador lui offrira la possibilité de jouer sur scène et d'endosser la paternité du dernier texte qu'il a écrit. Un monologue poignant dans lequel il relate le grand amour de sa vie lors de ses jeunes années. Un amour qui n’a pas résisté à l’explosion de liberté qui s’était emparée de Madrid au cœur des années 80, mais aussi et surtout à l'addiction à l’héroïne de l’homme qu’il aimait. Ce retour sur le passé évoque également d'autres souvenirs au réalisateur, notamment ses premiers émois et son enfance lorsqu'il  émigra avec sa mère  dans un petit village de la Région de Valence. Une mère qui occupera ensuite une place importante dans sa vie même s'il entretiendra avec elle des relations compliquées. 

Le film le plus personnel d’Almodovar

Si la fiction y a souvent pris le pas sur la réalité, Douleur et Gloire est sans doute le film le plus personnel d’Almodovar qui y a mis beaucoup de sa vie, de ses angoisses, de son amour du cinéma et de son besoin viscéral de faire des films. Bien aidé par ses acteurs avec une Penelope Cruz dans un petit rôle mais toujours aussi lumineuse et surtout Antonio Banderas qui a su incarner à la perfection ce cinéaste qui revient sur son passé, Pedro Almodovar signe un film magnifique, empli d’émotion et de grands moments de cinéma.

S’il est bien placé pour savoir que le verdict d’un jury est souvent aléatoire et que ses choix peuvent fluctuer jusqu’à la dernière heure, Almodovar n’a sans doute jamais été aussi près de recevoir une Palme d’or qui couronnerait sa grande carrière. En tout cas, Douleur et Gloire ne dépareillerait pas dans la liste des films primés au Festival de Cannes.


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