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Cannes : la Légion d'Honneur à Jean Zieger

Avec Jean Zieger, qui fut de 1991 à juillet 2003 directeur du site d'Alcatel Space à Cannes (aujourd'hui Thales Alenia Space), c'est à la fois un homme d'innovation et de culture ainsi qu'un patron d'industrie qui a été distingué. Flash sur une personnalité d'exception qui met aujourd'hui toute son énergie au service du territoire PACA.

Jean Zieger a reçu la Légion d'Honneur des mains du député-maire de Cannes Bernard Brochand, lors d'une cérémonie à l'Hôtel de ville de Cannes, cérémonie à laquelle participaient des représentants de la culture et du high tech azuréens.

Difficile de résumer la carrière de Jean Zieger en quelques mots. Bernard Brochand qui, dans son bureau de maire de Cannes, remettait la Légion d'Honneur à celui qui fut pendant 12 ans le directeur du site d'Alcatel (aujourd'hui Thales Alenia Space), s'y essaya qand même. En tant que publicitaire, il retint deux mots du CV de trois pages qu'il avait dans la main : innovation et culture.

Innovation et culture

Innovation car Jean Zieger, ingénieur en aéronautique, a réalisé sa carrière dans le domaine Espace – Défense et a piloté notamment quelques programmes extrêmement avancés de missiles balistiques, ou de lanceurs d'Ariane et bien sûr, à Cannes de satellites. Autant de sommets en matière d'innovation et de hautes technologies.

Côté culture, un domaine où il n'était pas forcément attendu, il s'est fait remarquer en lançant à Cannes avec Andantino une association liant des partenaires industriels avec l'Orchestre Régional de Cannes Provence Alpes Côte d'Azur. Ce qui l'a sans doute propulsé dans le domaine de la danse en prenant la direction de l'Ecole Rosella Hightower en 2006, un établissement exceptionnel dans son domaine qu'il a restructuré, remis sur pied et sauvé d'une liquidation quasiment assurée.

Celui qui a ancré à Cannes le constructeur de satellites

Le député-maire de Cannes, s'attacha bien sûr au parcours cannois de Jean Zieger. D'autant plus qu'il a ancré le constructeur de satellites sur le territoire azuréen. Ce qui n'était pas gagné de prime abord, la première mission qu'Alcatel avait donné à Jean Zieger, en 1989, avait été d'étudier comment fusionner le site avec celui de Toulouse et d'amener en fait l'établissement cannois à se transporter à Toulouse.

Le projet n'a pas abouti. Heureusement pour Cannes. Et Jean Zieger, à partir du 1er juillet 1991 a été nommé directeur du site. Il y restera pendant douze ans. De son arrivée à son départ, le nombre d'emplois passera de 1.000 à plus de 2.000 tandis que l'établissement sera entré dans l'ère industrielle avec des chaînes de montage de satellites dignes de celles d'Airbus.

Les quatre messages de Jean Zieger

Dans sa réponse, Jean Zieger a tenu à faire passer quatre messages. Le premier sur son attachement à la ville de Cannes. Le second sur sa vie professionnelle, rappelant qu'ingénieur, il avait appris dans ses fonctions de management et dans les discussions avec les syndicats qu'il fallait à la fois faire preuve de prudence, mais d'audace à la manœuvre. Un conseil qui vient d'une longue expérience.

Le troisième message portait sur l'angoisse de la retraite qui l'a poussé à mettre toute son énergie dans le développement du territoire de la PACA. C'est ce qu'il avait commencé à faire, alors qu'il était encore en fonction, avec Initiative Riviera Technologies menée avec la Chambre de Commerce et d'industrie. C'est ce qu'il a poursuivi à la présidence de Méditerranée Technologies et qu'il va continuer aujourd'hui avec le projet de Creative Valley qu'il a lancé et à la tête d'un fonds d'investissement pour les TPE et PME (Méditerranée Technologies devant disparaître étant absorbée par une plus grosse structure).

Ce qui l'a frappé dans cette activité post-retraite? Pour Jean Zieger, qui n'a jamais laissé sa langue dans la poche : la grande différence entre le temps de l'entreprise et celui des collectivités publiques, ainsi que les questions d'égo et de postures de certains acteurs qui donnent l'impression d'évoluer parfois plus dans un "égosystème" que dans un "écosystème." Le récipiendaire n'en dira pas plus.

Quant au dernier message, c'est à sa famille qu'il l'a adressé. Car tout simplement, "on ne peut pas réussir sa vie professionnelle sans sa famille".


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