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Expo : la grande illusion d'Alexandre Rodtchenko

Au musée Fernand Léger, à Biot, l'œuvre de graphiste et de photographe de l'apôtre du constructivisme : quand l'art devait être asservi à la politique.



Le musée Fernand Léger à Biot présente jusqu'au 6 novembre, le photographe, peintre, graphiste et affichiste russe Alexandre Rodtchenko (1891-1956). Une exposition d'oeuvres en tous points exceptionnelles qui nous remet en mémoire la grande illusion du monde intellectuel et artistique de la deuxième moitié du 20ème siècle et l'acharnement dans l'erreur dont ont fait preuve les plus grands écrivains, philosophes et artistes européens.

Un art qui colle à son temps

La personnalité et l'art de Rodtchenko sont inséparables de l'environnement dans lequel il a vécu et d'abord de la vie d'un théâtre de Saint Pétersbourg où son père était accessoiriste. Toute son éducation est fondée sur la perception d'un monde contrasté semblable à celui dans lequel il a vécu : salle sombre, scène illuminée, salle vide le jour et pleine le soir, contraste encore entre la salle avec son public et ses applaudissements et les coulisses.

Ce monde d'illusions se retrouve dans la plupart des photographies qui prétendent dépeindre la réalité d'une société soi-disant réconciliée avec elle-même après la révolution. Dans un article consacré à l'artiste, la conservatrice du musée Léger de Biot, Brigitte Hedel-Samson, remarque que Rodtchenko est avant tout un citadin, un amoureux des villes. On comprend mieux dès lors son adhésion, qui paraît sans réserve dans son oeuvre, à la révolution marxiste-Léniniste, révolution ouvrière, essentiellement urbaine à la différence de la révolution maoiste en Chine.

La politique commandait

Nulle part dans la présentation de l'oeuvre de Rodtchenko n'apparaît son caractère politique, aujourd'hui, il est vrai, bien décalé par rapport à ces bouleversements politiques fulgurants que la Russie a connus depuis la fin des années 80. En ce sens, l'oeuvre de Rodtchenko devient un témoignage historique d'une époque révolue où la définition imposée de l'art lui assignait un objectif d'éducation des masses et se devait de concourir à la transformation de la société.

Ainsi les peintres peignaient, les sculpteurs sculptaient, les écrivains écrivaient toutes les illusions d'une époque pour forcer le bonheur en dépit de réalités accablantes qu'on ne voyait pas ou qu'on faisait semblant de ne pas voir. La politique commandait et l'art devenait un instrument asservi. Le mérite de Rodtchenko, au delà de ses propres illusions est de ne s'être jamais laissé artistiquement pervertir.

Renseignements
Musée National Fernard Léger, chemin du Val-de-Pomme, 06410, Biot
Fermé le mardi. Ouverture les autres jours : 10 à 12h30 et de 14 à 18 heures.
Entrée : 38 F. Tel: 04 92 91 50 30


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