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Organisation du G20 à Cannes: l’interview de Jehan-Eric Winckler

Les 3 et 4 novembre, Cannes accueillera le sommet du G20. La venue des chefs d’Etats les plus puissants de la planète nécessite des mesures de sécurité exceptionnelles et une organisation rigoureuse. Rencontre avec Jehan-Eric Winckler, sous-préfet en poste depuis près d’un an dans les Alpes-Maritimes, spécialement pour préparer ce G20.

 

Jehan-Eric Winckler, vous êtes en charge de l’organisation du G20 à Cannes. Une organisation qui dépasse la rencontre des chefs d’Etat et concerne également de nombreux événements annexes ?

Oui, il y a quatre événements qui tournent autour de la diplomatie.  Nous avons tout d’abord un sommet social, le L20 ou Labour Summit qui se tiendra dans la région de Cannes et regroupera les grandes centrales syndicales internationales. Ensuite nous aurons un B20 ou Business Summit qui est une réunion, autour des ministres des Finances des pays du G20, des 100 plus grands chefs d’entreprise mondiales. Nous avons également une manifestation qui est un peu plus en marge du G20, le YES (Young Entreprise Summit) qui se tiendra à Nice au Palais Acropolis, et qui regroupera 400 jeunes chefs d’entreprise. Bien évidemment, il y aura  le G20 lui-même qui entraînera forcément une contre manifestation qui va s’installer, probablement à Nice.

Combien de délégations seront présentes lors de ce G20 ?

Nous aurons les 20 pays membres plus 5 pays qui ont été invités spécialement, auxquels il faut ajouter 7 organisations internationales, ce qui fait 32. En fait, il y aura 33 délégations officielles car la délégation européenne est bicéphale avec à la fois la Commission et la Présidence européenne. Ces chefs d’Etats et de gouvernement seront accompagnés de délégués qui devraient être entre 2 500 et 3 000, auxquels il faut rajouter 2 500 journalistes de la presse internationale.

Quelles seront les répercussions de l’organisation de ce G20 pour les cannois ?

L’organisation générale nécessite la mise en place de périmètres de sécurité avec tout d’abord une zone de « sécurité renforcée » autour du Palais et des 4 où 5 hôtels qui abriteront les têtes de délégation. Outre cette zone une, nous aurons un second périmètre de sécurité qui s’appuie sur la voie rapide, le Pont Alexandre III à l’Est et la rue Jean Dollfuss à l’Ouest. Pour entrer dans ces deux zones, il est impératif que la population se fasse badger, d’où la campagne actuellement en cours qui a déjà permis de recenser près de 11 000 personnes à qui nous délivrerons un badge.

Le Vieux Port verra son activité totalement interrompue durant plusieurs jours. Pourquoi ?

Le Vieux Port est à proximité, à la verticale, du Palais et, pour des raisons de sécurité, nous avons décidé de neutraliser son activité. Il n’y aura donc pas de mouvements de bateaux du 31 octobre minuit au 4 novembre à 18h. Une exception pour le bateau qui approvisionne l’Île Ste Marguerite et, peut-être, pour quelques artisans pêcheurs. Quant aux moines de St Honorât, ils ont décidé de rester chez eux en conclave durant toute la période du sommet.

Le Martinez n’accueillera pas de délégations officielles, c’est pour des raisons de sécurité ?

Non, c’est surtout un problème de capacité hôtelière. Le Martinez va abriter la réunion du B20 et pratiquement 50% de ses chambres seront occupées par les participants à cette réunion. Ensuite, il recevra une délégation « moyenne », c'est-à-dire ce qui n’est pas aux alentours immédiats d’un chef d’Etat. Au total, la totalité des chambres du Martinez seront occupées durant le sommet.  


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