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Sophia : Intel se renforce sur la technopole avec Infineon

Dédié aux activités mobiles, Infineon à Sophia (plus de 140 ingénieurs), tombe dans les mains du géant mondial à travers le rachat annoncé fin août de la division Wireless Solutions du groupe allemand (WLS). Une bonne nouvelle pour la technopole alors qu'Intel cherche à se positionner sur la mobilité et la connectivité Internet (sur la photo, Thierry Cammal, directeur de l'Ultra Mobility Group d'Intel, lors du forum SAME).

Thierry Cammal, directeur de l'Ultra Mobility Group d'Intel, est venu à SAME et est intervenu notamment dans le panel des chefs d'entreprises de la microélectronique azuréenne.

Annoncé fin août, le rachat de l'activité mobile d'Infineon (WLS pour Wireless Solutions) par le géant américain Intel se révèle comme une bonne nouvelle pour Sophia Antipolis. Cette acquisition pour la bagatelle de 1,4 milliards de dollars, a d'abord rassuré Infineon Sophia (un peu plus de 140 personnes). Les salariés depuis deux ans, s'interrogeaient sur la pérennité de leur société mère confrontée à des difficultés financières, et s'inquiétaient donc de l'avenir de leur travail.

Infineon Sophia sur le créneau de la connectivité à Internet

Le rachat d'Intel les concerne totalement puisqu'ils sont rattachés à WLS. Sur la technopole, ils assurent le développement des mémoires embarquées à bord des systèmes sur puces ("system-on-chip"), sont spécialisés entre autres dans les modems, l'audio firmware, la 3G et la LTE. Leurs champs de compétences venant recouper ce que recherche Intel à travers ce rachat, le passage sous l'aide du fondeur les a complètement rassurés.

Ce que recherche Intel ? Paul Otellini, le Pdg, l'avait expliqué fin août : avec l'explosion du nombre de terminaux qui se connectent à Internet (mobiles, tablettes graphiques, netbook), lntel veut se positionner sur ce créneau de la connectivité à Internet et proposer une gamme de produits recouvrant toute la palette des options, du WiFi à la 3G et du WiMAX au LTE, le très haut débit mobile en cours d'expérimentation et de développement.

Récemment, lors de la présentation en début de semaine des comptes du troisième trimestre, Paul Otellini avait précisé que les tablettes graphiques étaient considérées désormais comme un véritable marché et que la plate-forme Atom serait renforcée avec les technologies acquises auprès de la division “puces pour terminaux mobiles” d’Infineon. Selon certains analystes IT, les fonctions 3G et 4G pourraient même être intégrées au coeur des puces Atom.

Un premier pied à Sophia début 2009 avec l'unité Ultra Mobility Group

Dans cet objectif de connectivité Internet tout azimuth, la société avait déjà posé un pied à Sophia comme l'a rappelé lors des récents débats de Same, Thierry Cammal. Basé à Toulouse, le directeur de l'Ultra Mobility Group d'Intel, avait rappelé qu'en récupérant des compétences de Texas Instruments Villeneuve Loubet, Intel avait constitué à Sophia une nouvelle unité spécialisée dans les technologies du sans-fil (une trentaine d'ingénieurs), unité rattachée à l'Ultra Mobility Group.

Avec le rachat d'Infineon, le leader mondial des microprocesseurs se renforce aussi considérablement sur la technopole. Pour le fondeur, qui investit actuellement sur MeeGo (système d'exploitation pour mobiles et plateforme de développement résultant de la fusion des deux projets Maemo de Nokia et Moblin d'Intel) et sur l'OS mobile Android d'infineon , les compétences d'Infineon Sophia dans les solutions modem sont complémentaires aux siennes.

Un écosystème sophipolitain à renforcer

Lors des débats de Same, Stephan Klinger, directeur du site Infineon de Sophia (site ouvert en 1998), n'a pas manqué d'évoquer l'écosystème sophipolitain et les coopérations engagées avec des acteurs locaux académiques ou industriels comme Eurécom, l'Inria, le pôle SCS, ARCSIS, CIMPACA. Ou les coopérations avec d'autres groupes de microélectronique locaux au sein de la "Mobile Ecosystem convergence platform Initiative". Stephan Klinger a souligné également les opportunités ouvertes, notamment dans les développements autour du LTE, par la Plateforme Télécom. Ce projet, que le pôle SCS est en passe de faire aboutir, permettra notamment d'expérimenter le très haut débit mobile à travers trois antennes installées à Monaco, une à Sophia et une à Marseille. L'occasion de placer un peu plus Intel au coeur même de l'activité smartphones.

Reste toujours des incertitudes quant à l'avenir. Intel a investi également sur Toulouse en reprenant des compétences de la société américaine Freescale. Le fondeur y dispose maintenant d'une centaine de personnes. Va-t-il faire le choix de garder deux centres de Recherche et Développement en France ? S'il arbitre pour un seul centre de R&D comment se feront les choix ? Le rachat de WLS d'Infineon est sans doute trop récent pour qu'une position soit déjà prise. D'où l'intérêt pour la technopole de se montrer "incontournable" en renforçant son écosystème autour notamment de la nouvelle vague de la 4G et du LTE et en se positionnant un peu plus sur le développement d'applications, là où se recherche de plus en plus la haute valeur ajoutée...


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