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Sophia : Mercedes a craqué pour l'architecture de Micromania

Si le groupe allemand a décidé d'installer son "Advanced Design Center" dans la technopole ce n'est pas un hasard. Le groupe a eu un coup de cœur pour l'architecture du bâtiment construit par Micromania à la fin des années 80 et a décidé d'y implanter ses designers. L'architecte Pierre Fauroux qui a conçu notamment la superbe "voûte en écailles de poisson" raconter l'histoire.

Annoncée la semaine dernière, l'arrivée du groupe Mercedes à Sophia Antipolis, dans sa version design, n'est pas totalement due au hasard. Si le groupe allemand a décidé d'installer son "Advanced Design Center" dans la technopole, et d'y regrouper une cinquantaine de designers toutes disciplines confondues (design matériel et design numérique) c'est qu'il a eu un "coup de cœur" pour un bâtiment emblématique : celui de Micromania. Il a été construit à fin des années 80 par Albert Loridan avec l'architecte Pierre Fauroux qui a dessiné cette superbe "voute en écailles de poisson" et a fait de ce bâtiment une véritable œuvre architecturale. Une histoire qui mérite d'être racontée.

Premier chapitre : la rencontre entre Albert Loridan et Pierre Fauroux. Ce dernier se souvient. "En 1986, Albert Loridan, ingénieur qui avait quitté Texas Instruments pour fonder une société de création de jeux vidéo avec plusieurs autres salariés de TI, passe à Sophia Antipolis devant les locaux d'Uni-Flocage, route des crètes (à l'emplacement aujourd'hui d'un concessionnaires Renault dans un configuration entièrement revisitée). Jeune entrepreneur, il travaillait alors chez lui à Chateauneuf de Grasse. Il cherchait aussi à installer son équipe et est séduit par l'architecture industrielle du bâtiment dont j'avais été l'architecte. Il me contacte alors pour construire un local de l'ordre de 400 m2 pour installer son équipe de développement de jeux."

Rien à voir donc avec le bâtiment d'aujourd'hui qui a une surface d'environ 3.000 m2. Mais c'est à cette époque que les jeux vidéo connaissent un superbe développement sur lequel surfe Micromania. "Son équipe s'est rapidement étoffée", poursuit Pierre Fauroux. "Puis Albert Loridan a souhaité ajouter à la création de jeux, une activité d'importation et de distribution. Il a fallu alors envisager des zones de stockage. Le projet qui était déjà passé de 400 à 600 m2 de surface a encore grossi, grossi, pour en arriver au final à 1.800 m2 de bureaux et 1.200 m2 de stockage."

Quant à l'architecture très typée du bâtiment avec son immense voûte arrondie qui lui donne l'allure d'un vaisseau spatial, c'est Pierre Fauroux qui l'a conçue et a réussi à l'imposer. Une collaboration au départ un peu difficile, l'architecte cannois étant d'un caractère très entier et particulièrement soucieux de la qualité architecturale mais qui, au final s'est révélée exemplaire. Le résultat était et reste aujourd'hui au rendez-vous : le style, les technologies très innovantes utilisées (la voûte en écailles de poisson, tout en verre et métal), les intérieurs, la diffusion de la lumière ont fait l'objet de maints articles dans les revues spécialisées et sont pour une bonne part devenus des cas d'école et des sujets de conférences.

C'est cette qualité architecturale qui a séduit Mercedes dans le second chapitre de l'histoire du bâtiment. Le déclic s'est fait en 2016. Micromania, racheté en 2005 par LVMH qui s'était empressé de débarquer le fondateur Albert Loridan, a grandi d'une façon exponentielle après un nouveau rachat en 2008 par le leader mondial GameStop. Le groupe a fini par quitter ses locaux de Sophia Antipolis qui ne correspondaient plus à ses besoins. En 2016, le bâtiment était vide depuis plusieurs années, quand un dirigeant de Mercedes l'a découvert et a eu le coup de foudre.

"Les contacts ont été pris avec Albert Loridan qui était resté propriétaire des murs et dès le début 2016, des représentants du groupe allemand sont venus visiter les locaux, voir leurs potentialités et les aménagements qu'il conviendrait de réaliser pour accueillir le centre de design," poursuit Pierre Fauroux. Le projet a suivi son cours avec à la clé la plus grande confidentialité demandée aux intervenants. En mai dernier notamment, une délégation de designers est venue sur le site à l'occasion du Grand Prix de Monaco. Le tout pour aboutir à l'annonce officielle de vendredi dernier.

Une seconde vie va maintenant s'ouvrir pour l'ex-Micromania avec à la clé des aménagements qui devraient respecter l'œuvre architecturale initiale et la mettre en valeur. De quoi rassurer Pierre Fauroux sur la perennité de son geste architectural.


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