Thales Alenia Space ouvre l’ère de la fibre optique de l’espace

Le protocole d’accord que le constructeur cannois de satellites signe aujourd’hui sur le développement d’une charge utile de communication optique pour le satellite Hellas Sat 5 ouvre une nouvelle ère pour les communications spatiales : celle de la fibre optique de l’espace avec débits de l’ordre du térabit par seconde.

Thales communications optiques

L’ouverture d’une nouvelle ère pour les communications spatiales : c’est ce qu’annonce la signature aujourd’hui à Athènes d’un Protocole d’accord (MoU) entre Hellas Sat et le constructeur cannois de satellites Thales Alenia Space, accord visant au développement d’une charge utile de communication optique pour le satellite Hellas Sat 5. Ce partenariat, est-il expliqué, permettra de fournir des services ultra performants de transfert de données à très haut débit depuis l’orbite géostationnaire. Cette charge utile innovante devra se connecter au segment sol optique de l’Observatoire national d’Athènes, en Grèce, à des stations sol optiques en France et à celles de l’Agence spatiale européenne (ESA), ainsi qu’au satellite de télécommunications HydRON de Thales Alenia Space en orbite basse (LEO). (Photo DR).

Le challenge des "communications optiques en espace libre"

“Cette charge utile de communication optique, représente un maillon clé du processus de création d’un réseau de transmission de données sécurisée à très haut débit, et le début d’une nouvelle ère dans les services de télécommunications à caractère durable”, a souligné Marc-Henri Serre, Executive Vice-Président des activités Télécommunications de Thales Alenia Space. Fort du succès du programme H2020 VERTIGO, Thales Alenia Space développe actuellement, avec le soutien de France Relance (CO-OP), du CNES (DYSCO) et de l’ESA (HydRON), des capacités de transmission de données à très haut débit (jusqu’à 1 térabit/seconde) sur de longues distances entre le sol et l’orbite géostationnaire ainsi qu’à travers les turbulences atmosphériques.

C’est ce challenge des communications optiques en espace libre, ou Free Space Optics (FSO), le parallèle dans l’espace de la fibre optique sur terre, qui est ainsi engagé. Ces communications optiques sont en passe de devenir un standard des moyens de transmission spatiale, grâce à des capacités sensiblement supérieures à celles des systèmes actuels de télécommunications par satellite, avec des débits non plus de quelques dizaines de gigabits par seconde, mais de l’ordre du térabit par seconde. Cette technologie devrait révolutionner les infrastructures de télécommunications orbitales, à l’instar de l’impact qu’a eu la fibre optique sur Terre.

Réduire le nombre de satellites nécessaires en orbite

Les projets HydRON (High Throughput Optical Network) de l’ESA et DYSCO (Démonstration et sYstème SatCom Optique) du CNES visent la recherche et le développement ainsi que les démonstrations des réseaux de liaison optique à haut débit, répondant aux défis liés à la connectivité d’une multitude d’utilisateurs via de multiples orbites, moyens sol et applications. Ce système doit démontrer l’adéquation de la technologie de communication optique avec l’exécution d’applications diverses de bout en bout, parmi lesquelles l’accès internet universel, la transmission directe et permanente de données depuis des satellites d’observation, les liaisons privées avec les data centers et la redondance de la fibre optique terrestre en cas de crises.

En réduisant le nombre de satellites nécessaires en orbite, l’introduction de la fibre optique dans l’espace devrait contribuer à rendre les infrastructures orbitales plus durables et à diminuer la pollution du ciel. Ce dernier point était par ailleurs l'un des thèmes du remarquable workshop sur les défis de l'espace des dix prochaines années qu'organisait hier à Sophia Antipolis l'association Recherche et Avenir. 

 

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