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Un immense défi pour la presse traditionnelle

Même si l'équilibre économique des journaux électroniques reste difficile à trouver, leurs fantastiques potentialités obligent les médias actuels à se renouveler.



Comment survivre dans l’univers impitoyable du web ? Pour l’instant, seul le /interactive.wsj.com/">'The Wall Street Journal', avec ses 250.000 abonnés, peut s’enorgueillir de faire des bénéfices substantiels. Pour les autres, le chemin est encore long pour simplement subsister dans le cyberespace. Et à l'arrivée, il semble que peu d'élus parviendront à rentabiliser leurs investissements initiaux, si maigres soient-ils. Pourquoi ?

A la recherche d'une rentabilité
Sur le plan rédactionnel, Jon Katz de /www.wired.com/news/">'Wired', le magazine branché de San Francisco, propose peut-être l'amorce d'une réponse : ' Ils n'ont pas trouvé de rationalité propre : ils nous privent de ce qu'il y a de meilleur dans la lecture du journal ... sans pour autant nous procurer le meilleur du monde en ligne!'Mais la raison principale de la chute de certains journaux électroniques réside dans un équilibre financier trop précaire, tant que la e-pub se cherchera encore un avenir.
Jon Katz, gourou de 'Wired explique ainsi que ' Du New York Times au San José Mercury, il est de bon ton aujourd'hui de montrer à quel point le réseau mondial est générateur de profits, en particulier pour les entreprises américaines pionnières dans le domaine.'Mais les statistiques sont là. Selon la NAA (Newspaper Association of America), ce serait le 'Wall Street Journal' qui, avec 200 millions de dollars, aurait drainé le plus de publicité. En revanche, toujours selon la NAA, en 1996, seul un tiers des journaux électroniques américains était bénéficiaire.
Entre les bandeaux publicitaires sur lesquels le lecteur est invité à cliquer à chaque coin de page, et les transactions en ligne, de plus en plus de journaux électroniques tentent de retrouver leur mise de départ en diversifiant leur offre. Mais les internautes (profondément publiphobes dans l'âme) délaissent les bannières publicitaires. Ce qui oblige les publicitaires à tenter, souvent en vain, d’attirer le cyberlecteur en redoublant d’inventivité.
De nombreux journaux français d'ailleurs, ont changé de stratégie. Ils ont adopté les transactions en ligne comme sources de revenus, abritant pour certains ( /www.nicematin.fr/">'Nice-Matin', /www.bretagne-online.com/telegram/index.html"> 'Télégramme de Brest', etc...) une galerie marchande. De la même manière que 'Wired' vend des livres en ligne, /www.lemonde.fr/">'Le Monde'héberge la librairie électronique 'Alapage'. On peut voir s'afficher à l'écran, entre actualité et chroniques littéraires, le bouton pour les commandes en ligne.
Outre les livres, 'Le Monde' accueille 'Ibazar' et ses enchères virtuelles qui permettent de vendre ou d'acheter des objets. Le 'Petit Bouquet', autre support électronique, propose d'acheter des bouquets de fleurs en ligne.
Dès lors, se pose la question de la déontologie et, avec elle, du possible amalgame entre l'informationnel et le commercial. Certes, le journal n'est pas une entreprise philanthropique et les bénéfices générés par ces transactions en ligne (le journal touche une commission sur chaque vente) sont absolument nécessaires pour rendre l'entreprise économiquement viable.
Mais il est possible de s'interroger sur les liaisons toujours dangereuses qu'entretiennent information et consommation. Même si beaucoup s'en défendent, à l'instar du directeur adjoint du 'Monde Interactif', Michel-Colonna d'Istria, qui confiait récemment à Libération qu'ils 'n'étaient pas là pour pousser à la consommation', l'apparition de liens contextuels, directement liés au traitement de l'information journalistique, laisse la question en suspens. Où commence et finit l'information et quand débute la publicité?

Jouer la complémentarité des supports
Autre moyen à la disposition du journal en ligne pour rentabiliser ses frais de départ : l'accès payant à l'information. Certains comme /www.liberation.fr/">'Libération'préfèrent la gratuité totale et mettent en ligne, depuis le début, l'intégralité de leurs articles le jour même. D'autres, comme 'Le Monde', n'offrent en ligne, qu'une partie de leurs articles papier. Ou, comme 'Le Monde Diplomatique', laissent en ligne le sommaire du numéro en cours et choisissent d'attendre le mois suivant pour diffuser sur Internet le numéro complet. Un retard de diffusion qui permet, selon eux, de ne pas concurrencer la version papier.
Consultable en permanence, réactualisable constamment (le /www.washingtonpost.com">'Washington Post'et /www.usatoday.com/">'USA Today'modifient jour et nuit les informations du site) et possédant des capacités de stockage et d'interactivité infiniment plus grandes que le journal papier, le journal électronique constitue, en dépit de ses problèmes d'équilibre économique, un immense défi pour la presse traditionnelle. Une presse qui est contrainte à se renouveler profondément.
D'autant plus qu'en mettant tous les médias au même niveau, l'information multimédia fait tomber les barrières établies entre eux. 'Finie l'unicité de sources d'information : Internet permet de croiser quotidiens, radios, télévisions, agences de presse et archives', résume Angelo Agostini dans 'Le Monde Diplomatique'. Rien n'empêche désormais de regarder les images vidéo de CNN, puis d'écouter le dernier flash info de RTL grâce au logiciel Real Audio, avant de consulter les dernières dépêches de l'AFP. Plus que de concurrence, il s'agit aussi de parler d'une complémentarité des supports qui dessinent désormais le nouveau paysage médiatique mondial.


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