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Municipales 2014 : les élus et les battus du second tour

Des confirmations comme celles de Christian Estrosi à Nice (48,5%), David Lisnard à Cannes (58,97%), ou Jean-Claude Guibal à Menton (44,47%), des candidats sortis d'un 2ème tour plus incertain comme Jérôme Viaud à Grasse, Christophe Trojani à Villefranche-sur-mer ou Jean-Michel Semperé à Saint-Jeannet, et des sortants battus comme Henri Revel à Saint-Laurent-du Var, Jean-Pierre Dermit à Biot, Régis Lebigre à Vence : le verdict du 2ème tour est tombé.

C'est fini pour le second tour des municipales 2014, mais pas pour le troisième tour qui commence maintenant : celui des communautés. Dans le département, ce second tour qui s'est joué hier présente quelques grands traits : une abstention à la hausse (41,54% contre 39,71% au premier tour et une moyenne nationale de 38,5% au niveau national), un parti UMP triomphant (Eric Ciotti, président du Conseil général affichait un grand sourire hier soir sur France3) et un vote FN en baisse, qui s'explique aussi par le fait que le Front National n'avait aucune liste en mesure de l'emporter dans les Alpes-Maritimes.

Soirée cauchemar pour la gauche du 06

A Nice, la victoire de Christian Estrosi était acquise à l'issue du premier tour tant son avance était importante (près de 30 points d'avance sur le second). Avec 48,5% des suffrages, le maire sortant augmente son score de 44,98% au premier tour. La surprise ne tient pas là. Elle vient du résultat des autres candidats encore en piste.

Au premier tour, Patrick Allemand (15,25%), était arrivé derrière la frontiste Marie-Christine Arnautu (15,59%). Le représentant du PS allait-il au moins repasser devant le FN pour représenter ainsi de nouveau la première force d'opposition. Il pouvait bénéficier d'un report des voix du Front de gauche, même si Robert Injey n'avait pas donné de consigne. Réponse hier soir : non. Pire : l'écart s'est élargi. Certes Patrick Allemand améliore son score (17,84%), mais Marie-Christine Arnautu passe à 21,10%. Plus de 3% et de 3.600 voix de différence !

"Soirée cauchemar pour la gauche du 06. Impossible de se défausser. Mais le pire serait de se lancer dans des guerres intestines", commente Xavier Garcia, porte-parole PS sur France 3. Quant à Olivier Bettati, l'opposant de droite, qui s'était faufilé dans le débat du 2ème tour, il termine certes 4ème mais augmente encore son score avec 12,43% des suffrages.

Cannes, David Lisnard avec brio

Le premier tour avait déjà tranché entre les deux frères ennemis de l'UMP. Le "filloniste" David Lisnard, adoubé par Bernard Brochand, le maire-sortant, l'avait emporté haut-la-main avec 20 points d'écart, face au "copéiste" Philippe Tabarot, frère de la député-maire du Cannet, secrétaire générale de l'UMP et par là, bras-droit de Jean-François Copé. La messe était donc dite. Le second tour n'a fait qu'accentuer la différence : David Lisnard prend dix points de plus à 58,97% et Philippe Tabarot stagne à 26,8%, quasiment son score du premier tour. Catherine Dorten, la candidate FN reste également pratiquement au même score (14,94%).

A 45 ans, David Lisnard, conseiller général du canton de Cannes-Est depuis 2008, premier adjoint de Bernard Brochand et président du Palais des Festivals de Cannes, accède aujourd'hui au premier plan avec brio à l'issue d'une campagne rondement menée. Alors que l'UMP s'était refusé de trancher entre les deux candidats de son camp, ce marathonien a bien joué de ses soutiens (Eric Ciotti pour les Alpes-Maritimes, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Baroin, Bruno Le Maire au niveau national), aura su mobiliser la famille UMP et aura aussi réussi à esquiver les remous des "affaires cannoises" avec pourtant pas moins de six mises en examen dans le dossier de l'association des Amis de Cannes. Très attaché au développement économique, David Lisnard est désormais aux commandes à Cannes et devrait continuer à monter en puissance au niveau régional, voire national.

Ceux qui se sortent d'un second tour incertain

A Grasse, avec 12 points de retard, mathématiquement parlant, face à la fusion des trois listes Paul Euzière (23,22%), Philippe-Emmanuel de Fontmichel (14,69%) et Stéphane Cassarini (7,61%), Jérôme Viaud (33,42%) pouvait se faire du souci. Même si l'alliance entre le fils d'un ancien maire de Grasse, gestionnaire de fortune avec un candidat au passé de militant communiste risquait de provoquer pas mal de déperdition de voix, il y avait quand même un handicap de 12 points à remonter. Ce ne fut d'ailleurs pas chose facile et le résultat est resté incertain jusqu'à la fin, le candidat UMP, adoubé par le maire sortant Jean-Pierre Leleux, ne l'emportant que d'un peu plus de 500 voix (41,47% contre 38,62%) pour la liste de Paul Euzière. Le candidat du Front National, Jean-Marc Degioanni, retrouve quasiment le même score qu'au premier tour (19,90%).

Les maires sortants battus

A Saint-Laurent-du-Var, Joseph Ségura (DVD, 23,38% au premier tour) a bénéficié de la fusion de liste avec Françoise Benne (10,44%). Avec 41,54% au second tour, il tourne une page de cette commune de 30.000 habitants en battant Henri Revel (UMP, 36%), maire depuis 1995 qui lui aussi avait fusionné avec Marc Moschetti, petit-fils d'un ancien maire (8,4% au premier tour). Une victoire acquise dans une quadrangulaire avec Lionel Prados (FN, 14,42%) et Marc Orsatti (PS), qui, avec 8,03% fait moins qu'au premier tour (10,03%). A noter que la fusion Ségura-Benne a lancé une dynamique (mathématiquement on obtenait 33,82 et le résultat final a été de 41,54) tandis que celle de Revel-Moschetti a rencontré une déperdition sensible (mathématiquement les 30,66 d'Henri Revel ajoutés au 8,40 de Marc Moschetti donnaient 39,06% contre 36% obtenus).

A Vallauris, la défaite du maire sortant Alain Gumiel, n'est pas une vraie surprise. Au premier tour, le candidat UMP s'était classé troisième avec 20,15% et Michelle Salucki (DVD) qui l'a emporté au 2ème tour était arrivée en tête (28,19%), la seconde place ayant été prise par le candidat FN, Robert Crépin (20,99%). Hier, résultat sans contestation : dans une "pentaculaire" (cinq candidats encore en lice ce qui est exceptionnel) Michelle Salucki a fait le trou : 43,48% contre 21,52% à Alain Gumiel et 19,33% à Robert Crépin, les deux autres candidats, Jean-Lou Pece et Noël Falcou descendant en dessous de la barre des 10% qu'ils avaient franchie au premier tour (respectivement 8,36% et 7,29%).

A Biot, autre challenge difficile qui a été perdu : celui de Jean-Pierre Dermit qui ne fera qu'un mandat. Le maire sortant s'est incliné de peu (une centaine de voix à peine) face à Guilaine Debras (SE) dont la liste avait fusionné avec celle de Guy Anastile (SE, 18,15%). Même s'il y a eu beaucoup de déperdition dans la fusion (mathématiquement, cela donnait 57,70% face aux 42,30% de Jean-Pierre Dermit), Guilaine Debras est élue avec 51,08% contre 48,92%).

A Vence, l'effet fusion a également joué. Il a fait tomber Régis Lebigre (UMP), le maire sortant qui pourtant faisait initialement figure de favori. Loïc Dombreval et Anne Sattonnet (leur liste commune était présentée Sans Etiquette, mais tous deux sont membres de l'UDI) avaient décidé d'unir leurs forces entre les deux tours. Stratégie payante : la liste portée par Loïc Dombreval l'emporte avec 45,31% des suffrages, Régis Lebigre recueillant 41,28% (28,28% au premier tour) et Jean-Pierre Daugreilh (FN) 13,41% (contre 15,09% au premier tour).

La mathématique de la fusion n'est pas toujours respectée

A Villefranche-sur-mer, en revanche, la mayonnaise de la fusion n'a pas pris. Cédric Cirasa (23,73% au premier tour) et Jean-Pierre Mangiapan (33,98%), avaient fusionné face au candidat UMP Christophe Trojani (42,27%) soutenu par Christian Estrosi. Mais c'est au final Christophe Trojani (54,75%), qui gagne.

A Saint-Jeannet également, la fusion des listes de Gérard Nirascou, ancien maire (35,97%) et Jean-Marie Thorel (14,35%), face au maire sortant Jean-Michel Semperé (40,79%), n'a pas suivi la simple mathématique. Jean-Michel Sempéré fera un second mandat (53,98%). Même chose à Gattières où les listes Truglio (31.82%) et Renoux (27.65%) unies face à Pascale Guit (40,52%) échouent d'un cheveu (23 voix), cette dernière gagnant la mairie avec 50,51% des voix.

A Carros, le soutien du maire sortant, Antoine Damiani, n'a pas suffi à Christine Carles. C'est l'ancien premier adjoint, Charles Scibetta (sans étiquette, liste "un nouvel élan pour Carros") qui l'emporte avec 39.5 %, devant Christine Carles arrivée seconde avec 35.42 %.

A La-Colle-sur-Loup, Christian Berkesse (UDI) va rendre son écharpe. Il est battu par Jean-Bernard Mion (UMP) qui réalise 48,74% des suffrages (34,08% pour le maire sortant).

Du changement aussi dans les "agglos" : l'exemple de la CASA

Quant au troisième tour des municipales, celui qui touche les communautés d'agglomération, il se jouera prochainement. A la CASA (Communauté d'Agglomération Sophia Antipolis) notamment, plusieurs mairies ont changé de titulaires. Ainsi, si les deux piliers de la CASA (Jean Leonetti, député-maire d'Antibes et président de la communauté, et Marc Daunis, sénateur-maire de Valbonne) ont été réélus dès le premier tour, de nouvelles personnalités vont entrer dans le cercle politique de l'agglo.

Font leur entrée dans le jeu communautaire Lionnel Luca, député, devenu maire de Villeneuve-Loubet, Damien Bagaria nouvellement élu à Tourrettes sur Loup, Jean-Bernard Mion à La Colle, Guilaine Debras à Biot, Michelle Salucki à Vallauris ou encore Emmanuel Delmotte à Chateauneuf de Grasse (Jean-Pierre Maurin, le maire sortant ne se représentait pas), etc. Soit beaucoup de nouveaux visages dans le bureau communautaire.

Voir les résultats du premier tour avec 115 élections déjà terminées sur 163 communes azuréennes : "Municipales : un 2ème tour pour Christian Estrosi, David Lisnard en tête à Cannes…. "

Entre les deux tours : "Municipales 2ème tour : les grands favoris et ceux qui devront batailler"


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